La Biennale d'art contemporain de Lyon présente à partir de samedi et jusqu'à la mi-décembre les oeuvres de 120 artistes du monde entier, sur un thème inspiré des traboules, les ruelles typiques de la capitale des Gaules.
Sculptures, peintures, vidéos, installations, collages, tapisseries... environ 400 oeuvres occupent les sols et les murs de onze lieux culturels lyonnais pour cette 18ème édition intitulée "Passer d'un rêve à l'autre".
La biennale s'invite notamment aux Grandes Locos, d'anciens ateliers monumentaux de la SNCF, au musée des Tissus, fermé depuis six ans à cause de travaux de rénovation et qui rouvre exceptionnellement, et au musée d'art contemporain de Lyon.
La commissaire australienne de la biennale et historienne de l'art, Catherine Nichols, a trouvé son inspiration dans les traboules, qui serpentent au milieu des immeubles dans le coeur historique de Lyon.
Ce "réseau de passages semi-secrets au sein de la vieille ville" représente un lieu où l'on peut "laisser déambuler les rêves et les pensées", a-t-elle expliqué à la presse quelques jours avant le coup d'envoi.
Elle s'est également saisie du concept d'économie poétique inventé par l'artiste français Robert Filliou dans les années 1960, pour évoquer "l'austérité, l'extractivisme, le capitalisme", mais aussi la créativité, a-t-elle ajouté.
Au total, 120 sculpteurs, graphistes, architectes et photographes de 42 nationalités différentes viennent présenter leurs oeuvres.
Parmi eux, Akwasi Bediako Afrane, Ghanéen, a assemblé une immense quantité d'ordinateurs, de téléphones et d'autres objets électroniques pour former un labyrinthe. "Ces appareils sont devenus des extensions de nous-mêmes", observe-t-il, à la fois admiratif et critique vis-à-vis de l'exploitation minière des métaux indispensables à leur fabrication.
La photographe Fiona Clark a choisi de partager des clichés de femmes "de classes moyennes pour rendre visibles les invisibilisées". Septuagénaire, elle vient tout droit de Nouvelle-Zélande, pays du continent océanien mis à l'honneur tout au long du programme d'exposition.
"L'objectif est de créer un dialogue interculturel, intergénérationnel et d'envoyer un message d'espoir dans une société paralysée", explique à l'AFP Catherine Nichols.
Pour cette édition, dont le budget s'élève à 8 millions d'euros, les organisateurs espèrent atteindre la barre des 300.000 visites.