Renault, actionnaire et seul client du fabricant de cellules de batteries Verkor, a critiqué lundi son manque de compétitivité croissant et des retards de fabrication de 18 mois, en lui réclamant de "redresser sa trajectoire industrielle" et "une gouvernance crédible", a indiqué le constructeur à l'AFP.
Verkor, start-up française créée en 2020, a construit l'une des trois gigafactories de batteries installées dans le nord de la France, avec d'importants soutiens de l'Etat et de l'UE. Inaugurée fin 2025, son usine basée près de Dunkerque a représenté un investissement de 1,5 milliard d'euros, dont près de la moitié d'aides publiques.
"Nous restons partenaire de long terme de Verkor", a précisé Renault Group qui en détient 12%, "mais nous assumons notre rôle de client industriel et nos contraintes économiques".
"Les écarts de compétitivité de Verkor par rapport à des produit similaires fabriqués en Europe se sont fortement accrus ces deniers mois et ne peuvent pas être absorbés par Renault", explique le constructeur, qui confirme avoir décidé de ne pas s'adresser à Verkor pour les batteries de son futur modèle Master.
Pour les contrats conclus avec Verkor à la naissance de l'usine, qui portent sur l'Alpine A390, une partie des Scenic électriques et le FlexEVan, nouvel utilitaire électrique du groupe, Renault souligne avoir dû, en raison des retards de livraison, recourir au sud-coréen LG, pour des cellules produites en Europe, ce qui a entraîné pour lui des coûts supplémentaires.
"Verkor doit démontrer sa capacité à redresser sa trajectoire industrielle", précise Renault. "Nous demandons à Verkor une feuille de route crédible et une gouvernance crédible, tenant compte du préjudice envers Renault".
Le groupe Stellantis a connu des problèmes similaires avec ACC, coentreprise de Stellantis, Mercedes et TotalEnergies, qui a accusé d'importants retards de livraison et récemment remplacé son directeur général par un ex-dirigeant de Panasonic, chargé de faire monter en cadence une production trop lente.
Alors que l'UE veut soutenir une filière européenne de batteries au nom de sa souveraineté industrielle, la France négocie avec Bruxelles le déblocage de prêts pour les gigafactories qui pourraient soutenir ACC et Verkor à hauteur de 500 millions chacune.
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