Il n'est "pas possible" d'établir un lien entre le bassin industriel de Saint-Nazaire et "l'état de santé dégradé de la population", a fait savoir lundi la préfecture de Loire-Atlantique, s'appuyant sur les conclusions de Santé publique France.
La conduite d'une étude épidémiologique a de fait été jugée "non pertinente" par l'agence de santé publique, a expliqué la préfecture.
En 2019, l'Observatoire régional de santé (ORS) avait mis en lumière une surmortalité chez les moins de 65 ans dans la Carene (communauté d'agglomération de la région nazairienne et de l'estuaire) par rapport à la moyenne nationale et une sur-incidence de certains cancers.
Sept ans plus tard, l'ORS enregistre toujours pour les hommes une surmortalité prématurée de 39% par rapport au plan national et de 13 % pour les femmes.
Une étude de zone a été lancée en 2021 pour caractériser les polluants potentiels dans ce bassin industriel qui compte environ 140 installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), susceptibles de présenter danger ou pollution.
"Sur l'ensemble des 46 polluants identifiés, à part ce qui a été détecté à Brais récemment (des émissions de cobalt supérieures aux normes, nldr) nous n'avons pas trouvé de résultat de nature à nourrir de la préoccupation pour les habitants", a souligné le sous-préfet de Saint-Nazaire, Eric de Wispelaere.
L'étude conclut pour le moment au "respect des valeurs réglementaires" pour la qualité de l'air, avec toutefois des "dépassements" occasionnels pour les particules fines et un "point de vigilance" à Brais.
Concernant les sols, des analyses supplémentaires doivent être menées à Montoir-de-Bretagne et dans le quartier Méan-Penhouët, à Saint-Nazaire, en raison de possibles pollutions à l'arsenic et au plomb. Le lien avec les industries actuelles n'a "rien d'avéré" selon la Dreal, qui pointe plutôt des pollutions historiques.
De leur côté, des associations remettent en cause les paramètres de l'étude de zone. Celle-ci est "basée sur des mesures insuffisantes, non représentatives, que ce soit à cause des vents, à cause de la durée ou à cause du nombre de points de mesure", a affirmé lundi Didier Ott, militant de la Ligue des droits de l'homme (LDH).
"Avoir des études qui comportent de telles anomalies, de tels manques sur les données et en tirer des conclusions de ce type-là, c'est inacceptable", a-t-il ajouté.
L'étude de zone doit s'achever fin 2026.