Après que "l'autorité de l'État a failli" ce week-end, le gouvernement doit "prendre la mesure du traumatisme des Français" et "aller beaucoup plus loin" dans sa réponse aux violences autour des manifestations, a estimé lundi auprès de l'AFP Gabriel Attal.
"Le gouvernement doit aller beaucoup plus loin et il peut le faire. Il faut qu'il prenne la mesure du traumatisme des Français. Il n'y a pas besoin d'une majorité à l'Assemblée nationale pour rétablir l'ordre", a déclaré le candidat Renaissance à l'élection présidentielle, après l'intervention du Premier ministre, Sébastien Lecornu.
"On assiste à la rencontre entre une jeunesse nihiliste, fascinée par la violence, sans repères ni valeurs, et une sous-estimation manifeste de la part des autorités de ce qui allait se passer. Or la première mission de l'État, c'est de garantir l'ordre et la paix civile. Il est clair que l'autorité de l'État a failli. Maintenant, il faut une réponse de l'État organisée par le gouvernement, sans aucune concession et sans faire dans la dentelle", a insisté M. Attal.
L'ancien Premier ministre "appelle à la mobilisation de l'ensemble des forces de sécurité disponibles pour assurer le rétablissement de l'ordre dans les villes qui ont été touchées. Si pendant quelques jours, il y a moins de verbalisation de Français qui roulent à 90 au lieu de 80 km/h, objectivement ça ne sera pas un drame".
Il faut "libérer les forces de l'ordre assurant des gardes statiques", "quitte à les remplacer par des réservistes, voire des forces armées, évidemment pas pour faire du maintien de l'ordre mais pour les remplacer", a-t-il ajouté, invoquant "un besoin de présence policière auprès des commerçants et des citoyens qui sont menacés".
Au sujet des mesures -chômage partiel, fonds de soutien- annoncées pour les commerçants, M. Attal estime qu'"il est hors de question que ce soit les Français qui payent d'une manière ou d'une autre. Si de l'argent public est utilisé, je pense qu'il faut le voir comme une avance qui sera remboursée, y compris sur plusieurs années, par les casseurs et les pilleurs qui auront été identifiés et interpellés".
Par ailleurs, "je n'ai pas compris la proposition du Premier ministre (Sébastien Lecornu) sur la sécurisation des candidats et des meetings", a déclaré M. Attal. "Ca ne semble pas du tout être le sujet aujourd'hui. Je ne demande pas de policiers supplémentaires pour assurer la sécurité de mes meetings ou de mes déplacements. Si policiers supplémentaires il y a, il vaut mieux les mettre devant les commerces que devant les candidats à l'élection présidentielle".