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Aquarius: arrivée d'une soixantaine de réfugiés en France

Cinquante-neuf réfugiés de l'Aquarius et d'un autre navire humanitaire qui avaient accosté à Malte mi-août sont arrivés jeudi en France, alors que les tensions restent vives en Europe sur l'accueil des migrants pour lesquels Paris défend un mécanisme de solidarité "pérenne".

Partis de La Valette jeudi matin par un vol charter affrété par la France, ces réfugiés sont arrivés vers 11H à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, en région parisienne, a constaté une journaliste de l'AFP.

Ils avaient été entendus à Malte par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) qui avait envoyé une mission pour s'assurer que ces réfugiés correspondaient bien aux critères de l'asile.

Fatigués mais souriants, avec pour seul bagage un sac à dos rouge, les réfugiés ont immédiatement été répartis dans sept bus en tenant compte de leurs liens familiaux ou des nationalités.

"J'ai vraiment des émotions vives, je n'arrive pas à croire que c'est vraiment moi et avec tout ce staff et avec tout cet accueil", a affirmé Josiane, une Camerounaise de 28 ans. "Ca va être difficile et je m'y attends", assure Augustin, Nigérian de 23 ans, arrivé avec son épouse. "Mais je sais que ça va aller."

Le groupe comptait 16 Soudanais, 25 Erythréens, 10 Somaliens, ainsi que quelques Camerounais, Ivoiriens et Nigérians. Il y avait parmi eux 12 femmes seules, 3 couples et une famille de 5 enfants âgés de 3 à 12 ans, a-t-on indiqué à la Direction générale des étrangers en France (DGEF) qui organisait le retour.

Les réfugiés devaient gagner dans la soirée des centres d'accueil "en Bourgogne, Franche-Comté et dans le Grand Est", où le statut de réfugié leur sera rapidement délivré, au terme d'une procédure "accélérée", a précisé Didier Leschi, le directeur général de l'Ofii (Office français de l'immigration et de l'intégration), venu les accueillir à l'aéroport.

L'Aquarius avait accosté à Malte le 16 août après avoir erré plusieurs jours en Méditerranée avec 141 migrants épuisés à son bord. La veille, 114 migrants étaient arrivés sur l'île à bord d'un autre bateau, et la France s'était engagée à accueillir 60 réfugiés sur ce total.

Au total, cinq pays se sont engagés à se répartir des réfugiés de ces deux navires.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a souligné dans un communiqué que "la France est toutefois le premier Etat membre de l'UE à mettre en oeuvre son engagement".

"La France est à nouveau à l'initiative, conformément à nos valeurs et à l'exigence de solidarité pour faire face au défi migratoire de façon coordonnée et concertée au niveau européen, malgré la crise politique actuelle", a-t-il commenté.

M. Collomb a néanmoins rappelé que "les réponses au cas par cas aux débarquements de ces dernières semaines ne sont pas satisfaisantes: une solution pérenne est indispensable à l'échelle européenne".

"L'idée est d'illustrer le mécanisme des centres contrôlés" défendu par la France, avec "un système de prise en charge des réfugiés à l'arrivée dans les ports du sud de l'Europe", explique Pascal Brice, le directeur général de l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides).

La crise avait débuté mi-juin lorsque le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, avait refusé de laisser accoster l'Aquarius, qui avait erré pendant une semaine avant que le port espagnol de Valence accepte de laisser les migrants débarquer.

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