Après la région Sud, l'Occitanie lance son premier train à batterie

Entre Nîmes et Vauvert dans le Gard, le premier train à batterie électrique de la région Occitanie s'est élancé lundi sur les rails, un mois après celui de la région Sud - entre Avignon et Carpentras (Vaucluse) - en vue de remplacer les rames diesel fortement émettrices de CO2.

Cette expérimentation en condition réelle d'exploitation doit permettre de tester les promesses d'autonomie de la batterie (80 kilomètres), et ses différents scénarios d'utilisation, a indiqué à l'AFP Jean-Luc Gibelin, vice-président de la région Occitanie, chargé des Transports.

Ce projet expérimental visant à décarboner le transport ferroviaire régional a été lancé en janvier 2021.

Il concerne SNCF Voyageurs, le constructeur Alstom et cinq régions au total ; Auvergne-Rhône-Alpes (Aura), Nouvelle-Aquitaine et Nord étant aussi intéressées par la conversion de leurs trains diesel en trains électriques.

La nouvelle rame prototype siglée aux couleurs des trains régionaux occitans (liO) qui a fait ses débuts lundi est issue de la transformation d'un Autorail Grande Capacité (AGC) construit par Bombardier.

Celle de la région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur qui circule depuis le 28 juillet, fonctionne sous caténaire - c'est-à-dire avec une alimentation électrique le long des voies - entre Avignon et Sorgues, puis en autonomie grâce à la batterie jusqu'à Carpentras.

"Les citernes diesel sur le toit ont été remplacées par des batteries, en offrant les mêmes performances de capacité et de vitesse" affirme le constructeur Alstom, qui a des trains de ce type en exploitation en Allemagne entre Leipzig et Chemnitz.

Le diesel, carburant d'origine fossile, émet beaucoup plus de CO2 que l'électricité d'origine nucléaire ou renouvelable, et contribue à réchauffer les températures et le climat.

A ce jour aucun contrat ferme n'a été passé pour électrifier massivement le parc diesel.

Mais le besoin existe : 52% du réseau ferré français n'a pas d'autres solutions que le diesel, les lignes, souvent les plus petites ou les plus rurales, n'étant pas électrifiées, relève Alstom.

Dans la seule région Occitanie, "35 à 40% du parc ferroviaire est en diesel", précise M. Gibelin qui compte tirer les premiers enseignements de l'expérimentation "d'ici six mois".

Outre l'autonomie de la batterie, produite par le suisse Leclanché, les régions (qui financent l'achat des trains, NDR), veulent avant de passer commande en savoir plus sur la consommation énergétique des trains en cas de forte chaleur ou de températures hivernales nécessitant l'utilisation de climatisation ou de chauffage.

Elles veulent aussi savoir s'il est possible de recharger rapidement au terminus à prix compétitif ou d'envisager des bornes de recharge polyvalentes route/rail.

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