Après une vague de chaleur exceptionnelle, les bâtiments ont besoin de plusieurs jours pour refroidir et nécessitent d'être ventilés à grands courants d'air, avant la probable nouvelle canicule de la semaine prochaine.
Pendant les journées où la température est montée au-delà des 40°C, les bâtiments ont emmagasiné chaleur et rayonnement du soleil, qui ont "pénétré jusqu'au coeur des édifices et il faut du temps pour faire le chemin inverse", explique à l'AFP l'ingénieur Pascal Lenormand, spécialisé en sobriété énergétique des bâtiment.
A l'intérieur des logements, écoles, hôpitaux et autres bureaux, les murs, planchers, plafonds restent chauds. Et plus ils sont épais et constitués de matériaux lourds, plus ils vont mettre du temps à refroidir.
C'est le cas des structures en béton, des murs en pierre, qui ont l'avantage de retenir la chaleur longtemps pendant la canicule, mais aussi de mettre beaucoup de temps à l'évacuer.
Les matériaux isolants aussi contribuent à cet effet "thermos": conçus pour garder la chaleur à l'intérieur en hiver, ils l'empêchent de sortir aussi en été.
Même en ouvrant toutes les fenêtres, "on n'arrive pas à descendre aussi bas que la température extérieure en fin de nuit, parce que la chaleur est entrée à coeur", poursuit Pascal Lenormand.
"C'est comme une baignoire qui s'est remplie et la ventilation définit la taille des trous par lesquels on peut vidanger cette baignoire", explique-t-il.
Son principal conseil est donc "de continuer à faire exactement comme pendant la canicule": aérer au maximum aux moments de la journée où il fait plus frais dehors qu'à l'intérieur et continuer à protéger son logement de la chaleur en journée.
C'est d'autant plus important que la France va connaître "sans doute un nouvel épisode caniculaire à partir de ce week-end", a indiqué mardi à l'AFP le prévisionniste de Météo-France Patrick Galois, alors que le précédent phénomène n'est pas encore totalement terminé pour quatre départements du Sud-Est.
L'ingénieur en performance des bâtiments préconise de "faire le stock de froid, de faire descendre la température aussi bas que possible avant la vague qui va arriver".
La semaine de répit peut aussi permettre d'améliorer les solutions d'urgence mises en place pendant la première canicule et de mieux se préparer, par exemple en "s'organisant pour arrêter de servir des repas chauds à l'hôpital", suggère Pascal Lenormand.