Vent de révolte parmi les organismes publics: s'estimant menacés par plusieurs projets de reformes de leur statut et de leurs fonctions, les syndicats des agences de l'eau d'une part, et ceux de l'Ademe, de l'OFB et de six autres agences de l'Etat ont lancé mercredi des appels à la grève, pour respectivement les 11 et 23 juin.
"Comment prétendre répondre à l'urgence écologique en fragilisant celles et ceux qui agissent?", dénoncent dans un communiqué le syndicat SNE-FSU.
En cause, un projet de "refonte du QSAE" (Quasi-Statut des Agences de l'Eau), en discussions depuis plusieurs mois entre les six agences de l'eau de France métropolitaine - chacune compétente sur un grand bassin hydrographique -, le gouvernement et les organisations syndicales.
Ces dernières disent avoir été informées le 27 mai que le "guichet unique" de la fonction publique aurait conditionné son accord sur les revalorisations salariales à l'arrêt des recrutements sous quasi-statut à compter de 2028.
Les agences de l'eau "sont aujourd'hui menacées par l'extinction du statut de ces agent.es de manière unilatérale et sans contrepartie", alerte le Syndicat national de l'environnement-FSU.
"La France affirme vouloir faire de l'eau une priorité nationale. (...) Mais ces ambitions ne peuvent être crédibles sans les femmes et les hommes qui les mettent en oeuvre", estiment les syndicats dénonçant une "contradiction majeure entre les discours et les actes".
Même son de cloche du coté du collectif "Agences en lutte!" qui rassemble les représentants CGT de l'Agence de la transition écologique (Ademe), l'Office français de la biodiversité (OFB), l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), Santé Publique France, le Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (CAUE), le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema), l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) et l'Institut Paris région.
"Depuis janvier 2025, les attaques - budgétaires, législatives, symboliques - s'intensifient dangereusement contre les agences environnementales et sanitaires françaises, et plus largement les opérateurs de l'État et les instituts publics de référence", souligne le collectif dans un communiqué.
Ainsi, le projet "visant à renforcer l'État local" prévoit de rapprocher localement les agents de l'Ademe et ceux des Directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal), qui agissent sous l'autorité du préfet de région, ce qui entrainerait selon les syndicats une "extinction" de l'établissement public.
"Nous refusons que les agents paient, par la dégradation de leurs conditions de travail, les choix politiques qui organisent l'asphyxie de l'action publique. Nous exigeons le respect des missions d'intérêt général de nos agences, ainsi que le maintien et le renforcement des moyens nécessaires pour les accomplir", conclut le communiqué.