"Eclairer une autre partie de la France que Paris 2024": la montagne de lumière choisie comme emblème pour les Jeux d'hiver de 2030 veut mettre en avant "le caractère pluriel" du territoire alpin, des vallées aux sommets, résume Mathieu Sakkas, directeur marque et image du projet.
Les logos olympique et paralympique d'Alpes 2030 ont également été pensés de façon "complémentaire" pour la première fois dans l'histoire des Jeux, avec des faisceaux de lumière diffractée qui dessinent une montagne mais aussi sa contre-forme. Et le code couleur passant du bleu au rouge est "une manière d'évoquer la France", indique-t-il dans un entretien à l'AFP.
Q: Quelles ont été les sources d'inspiration ?
R: "L'idée était de mettre la montagne au centre de la vision, pour ce qu'elle inspire en nous. Aujourd'hui, un Français sur deux pratique une activité outdoor, loisir qui n'est plus réservé aux habitants des montagnes: dans les métropoles, les gens s'habillent comme s'ils allaient faire des randonnées alors qu'ils vont au travail.
"Le plein air est la porte d'entrée populaire des Jeux d'hiver. On ne fait pas que du ski en montagne, on fait plein d'autres choses, et on veut montrer une montagne plurielle, une culture de la glisse, du sport et de la nature, sortir d'une vision nostalgique. Notre promesse est d'éclairer une autre partie de la France que ce que Paris 2024 a fait, et donc de creuser dans tout ce qui se fait sur ce territoire alpin, les sports mais aussi les équipementiers, l'économie, la biodiversité, le patrimoine, la faune et la flore."
Q: Comment décririez-vous cet emblème à une personne qui ne l'a pas sous les yeux ?
R: "C'est une montagne de lumière, soit dans sa forme, soit dans sa contre-forme. On a essayé de faire quelque chose de minimaliste, d'intemporel, et dans ces différentes stries on peut aussi voir la pluralité de la montagne et les lignes de glisse qui sont les caractéristiques des sports des Jeux d'hiver.
"On s'est dit qu'il fallait que la lumière soit notre matière première, comme un guide de notre horizon. A l'aube ou au crépuscule, il y a ce moment d'épiphanie quand le soleil traverse une crête dans la chaîne. Cette diffraction de lumière génère des couleurs, une forme mais aussi une contre-forme où on voit une autre montagne: c'est comme ça qu'on a sorti à la fois un signe olympique et un signe paralympique qui se répondent, et créé une complémentarité entre les deux pour la première fois de l'histoire des emblèmes."
Q: Quid des couleurs ?
R: "On est allés chercher toute une palette de couleurs très froides issues des sommets, jusqu'à ce bleu azur qu'on a dans les Alpes du sud, à Briançon. Et si vous allez en montagne le matin ou en fin de journée, il y a également ce rouge +alpenglow+, un peu rose, assez magique, qui apparaît et qu'on a voulu capturer.
"Ce code couleur est aussi une manière d'évoquer la France: comme on s'appelle Alpes 2030, on avait un devoir de ne pas créer la confusion avec d'autres territoires alpins qui ont aussi la chaîne des Alpes. Et donc il y avait une volonté d'intégrer une sorte de +frenchness+ mais sans que ça soit trop littéral, parce qu'on ne doit pas être patriotique, on doit accueillir tous les pays."
Q: Comment va vivre ce logo d'ici 2030 ?
Q: "On ne dévoile pas juste l'emblème mais aussi tout le territoire graphique et l'univers complet de la marque Alpes 2030, qui va pouvoir être exploitée commercialement très rapidement pour les partenaires. L'étape qui suit c'est aussi que les territoires s'approprient cette marque, pour valoriser leur participation aux Jeux et leur présence sur la carte des sites olympiques.
"L'objectif était également d'avoir une marque un peu outdoor, très facilement +fashion+, qui ne soit pas seulement une marque d'événementiel sportif, et dès aujourd'hui un T-shirt et un sweat-shirt sont disponibles à la vente."