Alpes 2030: après la carte des sites, objectif concrétisation

Comme une seconde naissance: le comité d'organisation des JO-2030 a validé lundi la carte des sites olympiques et paralympiques, avec la volonté de se projeter dans une phase opérationnelle après des mois de turbulences et de crise de gouvernance.

"On a validé les fondations, maintenant on va rentrer dans une phase de planification stratégique", a résumé Edgar Grospiron, président du Cojop, à l'issue d'un conseil d'administration à Charbonnières-les-Bains, près de Lyon.

"On va entrer encore plus en contact avec l'ensemble de collectivités hôtes et travailler avec elles sur la manière dont on va livrer ces Jeux, un travail qui va nous emmener jusqu'à Los Angeles" et les Jeux d'été 2028, a-t-il ajouté.

L'essentiel du cadre d'Alpes 2030 est désormais arrêté, avec quatre pôles principaux - Savoie, Haute-Savoie, Briançonnais, Lyon - qui accueilleront les compétitions ainsi que les villages des athlètes.

Cette carte des sites doit désormais recevoir en juillet une ultime approbation de la part du Comité international olympique (CIO), avec la répartition détaillée des sports et des disciplines dont une partie manque encore dans ce schéma.

"On pense que le CIO va nous proposer de mettre le freeride au programme des Jeux", a indiqué Edgar Grospiron, alors que d'autres disciplines sont candidates comme le patinage synchronisé.

Reste aussi à répartir de manière détaillée les épreuves de glace - patinage, hockey sur glace, curling et short-track - dans Lyon et sa métropole, suite au rapatriement précipité de ce pôle initialement prévu à Nice.

Après le dévoilement des emblèmes le 18 juin, "on est en train de passer des étapes structurantes" pour Alpes 2030, a salué Amélie Oudéa-Castéra, présidente du comité olympique, tandis que Marie-Amélie Le Fur pour le comité paralympique saluait "un concept compact" et "la mutualisation" des sites de compétition olympiques.

- "Top départ"

"L'officialisation de la carte, pour nous les sportifs c'est un top départ", a souligné le bobeur Romain Heinrich.

"On a respecté nos engagements, et Dieu sait si ça a été compliqué, on a passé les obstacles les uns après les autres. On est en ordre de marche, et on est partis pour la livraison", a pour sa part mis en avant Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes Côte d'Azur.

"L'objectif demeure inchangé: livrer en 2030 des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver responsables, innovants et fédérateurs, portés par les territoires alpins et l'ensemble du mouvement sportif", a affirmé lundi le Cojop.

L'instance a subi des démissions en cascade dont celle en février de son numéro deux Cyril Linette en raison de "désaccords insurmontables" avec Edgar Grospiron. Un nouveau directeur général, l'ancien préfet du Tarn-et-Garonne Vincent Roberti, a pris ses fonctions le 15 juin.

Lundi, le Cojop a également annoncé le bouclage des discussions avec l'anneau de vitesse d'Heerenveen aux Pays-Bas, unique site en-dehors de l'Hexagone qui accueillera donc les épreuves de patinage de vitesse. Dès sa candidature à ces Jeux, la France avait décidé de ne pas construire sur son sol un tel équipement.

La prochaine échéance sera, selon Edgar Grospiron "la signature, ces prochains jours ou ces prochaines semaines" avec un ou plusieurs partenaires financiers. Les organisateurs tablent dans leur budget sur près de 600 millions d'euros de recettes entre les partenariats nationaux et les licences, soit environ la moitié par rapport à Paris 2024.

Il faudra aussi trancher d'ici fin 2026 le lieu de la cérémonie de clôture, celle d'ouverture devant se tenir à Lyon: lundi, Renaud Muselier s'est redit favorable à sa tenue dans sa région, soit à Marseille, soit sur le lac de Serre-Ponçon en dépit "d'énormes difficultés d'accès et d'hébergements", a-t-il reconnu.