Les étudiants qui bloquaient depuis mardi une partie de l'école d'ingénieurs agronomes AgroParisTech à Palaiseau (Essonne) pour protester contre la politique agricole du gouvernement et contre la gouvernance de l'école ont été expulsés par les forces de l'ordre samedi matin, a appris l'AFP de sources concordantes.
Cette évacuation a été décidée "pour permettre la reprise des cours lundi", une "grande majorité" des enseignements ayant été basculés en distanciel depuis le début de la mobilisation, a indiqué la direction générale d'AgroParisTech à l'AFP.
Pour les étudiants, cette expulsion est "vraiment un cap qui a été franchi, de faire rentrer la police au bout de quatre jours parce qu'on a décidé que les négociations n'avançaient pas assez vite", a déploré Antoine (qui a préféré utiliser un prénom d'emprunt), étudiant en troisième année de 23 ans et membre du collectif d'occupants.
Selon lui, les occupants étaient une trentaine au moment de l'expulsion et une cinquantaine de policiers a participé à l'opération.
La préfecture de l'Essonne a confirmé cette évacuation et indiqué qu'elle n'avait conduit à aucune interpellation, aucun blessé ni dégât matériel.
Les étudiants mobilisés regroupés au sein d'Agro en lutte, et qui bloquaient depuis mardi matin une partie du site, dénoncent notamment une "cogestion" entre le gouvernement et la FNSEA, principal syndicat agricole, dans la co-construction des politiques publiques.
Mobilisés dans le cadre du mouvement agricole national, ils pointent par ailleurs les "liens de la direction de (l')école et l'agro-industrie". Dans leur viseur notamment, la présence au conseil d'administration de l'école de l'ex-présidente de la FNSEA, Christiane Lambert (2017-2023).
Ils demandent un changement de la composition du conseil d'administration pour rompre "avec le modèle agro-industriel dominant" et une transformation radicale des cursus, notamment "pour que la formation ne soit plus faite au service d'entreprises problématiques".
La direction avait répondu mardi que la composition du conseil d'administration dépendait du ministère chargé de l'Agriculture.
"Nous avons fait un certain nombre de propositions (dans lesquelles) nous sommes allés dans leur sens", a assuré samedi la direction qui considère que "les perspectives de sortie étaient nulles" en raison d'une story Instagram d'Agro en lutte évoquant un "record" de temps d'occupation à battre de 16 jours, datant d'une mobilisation en 2021.
Les étudiants entendent tenir une nouvelle assemblée générale "lundi ou mardi prochain", selon Antoine.