Le plan d'aide d'urgence de plus d'un milliard d'euros annoncé par le gouvernement vendredi pour l'agriculture après un été de sécheresse n'est "pas à la hauteur" de la détresse du secteur, ont réagi plusieurs syndicats.
"Ce n'est pas à la hauteur de l'ambition", a réagi le secrétaire général de la FNSEA, Hervé Lapie. "On a toujours dit que l'Etat n'était pas là pour compenser les 10 milliards d'euros (de pertes estimées, NDLR), mais il nous faut au moins 2 milliards. En 2021, on a eu un gel sur la viticulture, il y a eu 1 milliard d'euros de mis sur la table. Là, vous avez les arboriculteurs, les maraîchers, les grands cultures, les éleveurs..."
Le syndicat historique va demander à ses adhérents "de monter au créneau pour qu'on aille chercher des enveloppes supplémentaires" auprès des préfets, a-t-il ajouté. "Et on revoit le Premier ministre le 8 septembre, on va remonter au créneau pour qu'on reconsidère la perte".
"Il y a des gens qui ne vont pas passer l'année s'il n'y a pas de l'argent rapidement qui arrive dans les exploitations", a-t-il encore dit, ajoutant que son organisation "n'exclut pas des actions syndicales".
Enfin le responsable appelle à rouvrir les négociations avec la grande distribution sur les marges, pour les filières arboricole, maraîchage, élevage.
Aux yeux des Jeunes agriculteurs, c'est "un premier geste qui reste insuffisant pour compenser les conséquences dramatiques de la sécheresse historique". Ce sont "des rustines pour l'urgence, (et) toujours aucune stratégie pour l'avenir", estime le syndicat dans un communiqué.
"Où sont les financements pour adapter nos exploitations ? Où sont les investissements pour moderniser nos bâtiments d'élevage frappés de plein fouet par les épisodes de canicule ?," s'interroge le syndicat, qui suggérait la création d'un impôt spécial, comme en 1976, pour soutenir les investissements nécessaires à moyen terme face au réchauffement.
Pour Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne "c'est loin d'être suffisant". "On avait appelé à au moins 2 à 3 milliards, c'est-à-dire 5.000 euros par actif dans les fermes pour faire face à l'urgence (...) on a estimé qu'il y a 82% des paysans et des paysannes qui sont laissés sur le bord de la route", a-t-il ajouté auprès de l'AFP.
Cela équivaut à "un plan social" pour l'agriculture qui va amener à la concentration et l'agrandissement des fermes survivantes, des modèles "qui favorisent le dérèglement climatique (perte des haies, dégradation du sol, usage d'intrants d'engrais et pesticides chimiques)".
"La colère est grande parce qu'on est les premiers à subir les conséquences du réchauffement climatique", a-t-il encore dit, appelant à la mobilisation.