Un plan de gestion visant à améliorer la qualité de l'eau, très dégradée, sur un vaste territoire en Bretagne et Pays de la Loire a été adopté vendredi, après plusieurs années de discussions, a constaté l'AFP.
La révision du Schéma d'aménagement et de gestion de l'eau (Sage) du bassin versant de la Vilaine prévoit notamment l'interdiction d'herbicides pour maïs dans des parcelles sensibles à l'érosion, situées dans une poignée d'aires de captage d'eau potable.
Elle a été votée par les membres de la commission locale de l'eau (CLE) - qui rassemble des représentants des collectivités territoriales, d'organisations professionnelles, d'associations, des usagers (agriculteurs, industriels...) et l'Etat, par 45 voix pour et 18 contre, lors d'une réunion à Saint-Just (Ille-et-Vilaine).
Le plan "met en oeuvre des principes que l'Etat soutient, notamment sur la qualité de l'eau en Bretagne qui mérite d'être améliorée", et l'"Etat se mobilisera pour mettre en oeuvre ce Sage de facon opérationnelle", a affirmé à l'AFP la préfète Emmanuelle Dubée, à l'issue du vote.
Le bassin versant du fleuve Vilaine traverse six départements de la Mayenne au Morbihan, peuplés de 1,3 million d'habitants.
La révision de ce schéma, négociée depuis 2022, devait initialement être adoptée en décembre alors que plus de 90% des masses d'eau sont dégradées sur le territoire.
Mais la FNSEA-JA, le syndicat agricole dominant, hostile à l'interdiction d'herbicides, l'avait empêchée en organisant une grosse manifestation.
Des représentants locaux de la FNSEA, qui avaient demandé un report du vote, ont pointé l'absence d'une "véritable étude des impacts sociaux économiques" dans le plan. Cette étude est prévue par la loi d'urgence agricole dont les décrets d'application n'ont pas encore été publiés.
"Les impacts on ne les connait pas, et une contrainte de plus dans le contexte agricole actuel ce sont des coûts de revient qui augmentent" pour les exploitants, a déploré Franck Pellerin, le président de la FDSEA du Morbihan.
Michel Besnard, du collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'ouest, s'est dit satisfait de l'adoption du texte, en soulignant l'enjeu pour la santé publique et les finances publiques. "La dépollution de l'eau coûte très cher et est supportée par nous tous", a-t-il souligné.
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