Education/Citoyenneté

Plantafac, le potager partagé d’un campus rennais

©Charlotte Hervot/ID

Inspiré par une autre initiative étudiante, Plantafac est sorti de terre au printemps, au milieu du campus de Beaulieu, à Rennes.

Depuis avril, le campus de Beaulieu, construit à l’est de Rennes dans les années 60, vit au rythme des saisons. Et ce grâce à Plantafac, un jardin participatif créé à l’initiative de l’association étudiante ArVuhez, d’un groupe d’étudiants en 1re année de DUT Gestion des entreprises et des administrations (GEA) à l’IUT de Rennes 1 et du service de l’action sociale de l’université de Rennes 1 (ASUR).

Un chantier participatif au printemps

« Plusieurs structures voulaient créer un jardin partagé. On s’est regroupé et nous, on a profité d’un projet tutoré pour relancer l’initiative », raconte Arthur Peron, en 2e année de GEA. Après quelques mois de discussion, ils obtiennent le feu vert de l’administration et une subvention de la fac. Une parcelle de près de 100 m2, sur les 60 hectares que compte le campus scientifique, leur est accordée. À deux pas de la bibliothèque, du restaurant, du pôle associatif et de l’École supérieure d’ingénieurs de Rennes (Ésir).

Guillaume Pronesti, Iliane Querelou, Arthur Peron et Fanny L’Hermitte, des étudiants derrière Plantafac.
©Charlotte Hervot/ID

Ils lancent alors un chantier participatif de deux semaines au printemps. Chaque volontaire est invité à partager ses connaissances. Qu’il s’agisse de construire les bacs à partir de palettes de récup’, installer un récupérateur d’eau ou de communiquer sur l’événement. « Des profs nous ont prêté du matériel, les jardiniers du campus nous ont aidé à amener de la terre, à planter le gazon, à pailler… », se souvient Fanny L’Hermitte, dans la même promo qu’Arthur.

Du cresson, des radis, des haricots…

Aujourd’hui, les étudiants préparent le jardin pour affronter l’hiver. Iliane Querelou, membre active d’ArVuhez, fait le tour du propriétaire : « On a rajouté un peu de couvert végétal pour ne pas que la terre soit balayée par la pluie. Ici, on a du cresson, des radis, de la moutarde et il reste un peu de roquette, de la menthe. En aromatiques, on n’a plus grand chose : un peu de basilic, du thym… » L’étudiante, qui a dessiné les plans du potager, arrache quelques cosses de haricots jaunies. « Là, c’est vide, parce qu’on a récolté les haricots et les courges, désigne-t-elle. Ça débordait des bacs. »

Si le jardin est synonyme d’entraide, il a aussi des vertus pédagogiques. « L’idée n’est pas de cultiver pour cultiver, mais de mettre les mains dans la terre pour sensibiliser les étudiants à l’environnement, directement sur le terrain », observe Iliane Querelou. Pour Arthur Peron, le projet est aussi une histoire de transmission : « On se forme en faisant. Et on a même accueilli des enfants pour construire les bacs. Certains bricolaient pour la première fois de leur vie. »

Des échanges avec l’autre campus rennais

Les échanges se font aussi avec Villejean, l’autre campus de la ville. Là-bas, le jardin partagé existe depuis 2011. Les étudiants de Beaulieu s’appuient sur cette expérience pour gérer leur potager « basé sur la confiance et le collaboratif », dixit Fanny L’Hermitte. Le matériel de jardinage et le carnet de bord sont dans le cabanon en bois, au pied du potager. « Suffit de demander le code du cadenas », invite Iliane Querelou.

Chacun s’investit selon son temps. Beaucoup privilégient les pauses de midi pour venir triturer la terre. Et pendant les vacances, le jardin peut compter sur le personnel, qui travaillait jusqu’à la fin du mois de juillet cet été. Ou sur les thésards, bloqués à la bibliothèque. Il n’est pas nécessaire d’avoir travaillé au potager pour se servir. « Qui veut prend », résume l’équipe de Plantafac, qui a récolté plus que des légumes, puisque leur projet en a inspiré un autre à Dijon.