Le chiffre

L'industrie du tabac accusée de falsifier les taux de goudron et de nicotine

Les cigarettiers sont accusés de perforer les filtres en vue de falsifier les tests.
©DANAI KHAMPIRANON/Shutterstock

Quatre majors du tabac sont visés par une plainte du Comité National Contre le Tabagisme (CNCT) pour « mise en danger d'autrui ».

Les cigarettes seraient-elles encore plus nocives qu'annoncé initialement ? Sans doute, affirme le Comité national contre le tabagisme (CNCT), qui a déposé début février une plainte contre les quatre majors de l'industrie -British American Tobacco, Imperial Brand, Japan Tobacoo et Philipp Morris- pour « mise en danger d'autrui ».

Selon l'association, qui évoque un « filtergate », les cigarettiers useraient d'un dispositif de « micro-orifices » dans le filtre des cigarettes en vue de « de falsifier les tests requis par les autorités sanitaires relatifs aux goudrons, monoxyde de carbone et nicotine ». Ainsi, dénonce le CNCT, « la teneur réelle en goudron et nicotine inhalée par les fumeurs serait entre 2 et 10 fois supérieure pour le goudron et 5 fois supérieure pour la nicotine » à celle annoncée à la sortie des laboratoires, trompés par ce système de perforation. Résultat : « un fumeur qui pense fumer un paquet par jour en fume, en fait, l’équivalent de 2 à 10 ».

Un scandale qui n'est pas sans rappeler celui du « dieselgate », qui désigne les techniques de trucage des émissions polluantes mises en place par le constructeur automobile Volkswagen entre 2009 et 2015, et qui légitime, explique le CNCT, un encadrement et une surveillances accrus des pratiques des fabricants de tabac.