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Le projet écofrugal : concilier économies et écologie !

©Ecofrugalproject

Economiser 5 000 Euros par an en protégeant la planète ! C'est la promesse du projet « écofrugal ». Rencontre avec Philippe Lévêque, son instigateur. 

Etre éco-responsable, c’est économique ! A partir de ce constat, Philippe Lévêque, ancien banquier, a construit le « projet écofrugal ». Un concept articulé autour d’un livre, Le guide écofrugal et d’ateliers réunissant des personnes ayant envie de partager et découvrir des pratiques respectueuses de l’environnement et du porte-monnaie. Préférer la carafe filtrante à la bouteille d’eau, faire le ménage au vinaigre blanc, installer un récupérateur d’eau de pluie. Des solutions simples et pratiques sont proposées aux particuliers et aux entreprises dans des domaines aussi variés que l’alimentation, l’habitat, le travail ou les loisirs.

Philippe Lévêque est à l'origine du projet écofrugal.
©Ecofrugalproject

Comment vous êtes-vous rendu compte qu’écologie pouvait rimer avec économies ?

Je l’ai découvert de manière vraiment empirique. Tout d’abord parce qu’on voit bien que la surconsommation mène au gaspillage. Et le gaspillage, ce n’est pas économique. J’étais déjà dans une logique de récup’. A Paris, je me meublais presque intégralement en récupérant des choses dans la rue. Ensuite, je me suis mis au vélo, et très rapidement, je me suis rendu compte des économies que je faisais. Je n’ai plus de Pass Navigo depuis pas mal d’années. Je n’utilise plus de taxi ou bien très peu. Le simple fait de changer de mode de transport -malgré le vol de deux vélos-, m’a permis de cumuler presque 5 000 euros d’économies sur 8 ans. C’est le prix d’une voiture ! Un autre exemple : j’ai commencé à utiliser un thermostat programmable, parce qu’avant je laissais le chauffage en journée alors que je n’étais pas chez moi. Cela m’a permis de faire 30 % d’économies. Aujourd’hui je ne jette aucun reste alimentaire. En moyenne, un Français va jeter 75 centimes d’aliments à la poubelle. Sur un an, cela revient quasiment à 200 Euros.

C’est ainsi que le projet écofrugal a émergé ?

Effectivement. Des exemples comme ceux-là, il y en a plein. Je me suis dit qu’on pouvait systématiser cette approche. Pendant plusieurs années, j’ai observé et cartographié ce qui se faisait dans tous les domaines et je suis arrivé sur une économie type de 5 000 euros par an grâce à des pratiques « écofrugales ».

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots en quoi consiste le « projet écofrugal » ?

L’objectif est de casser l’idée reçue selon laquelle ce qui touche au développement durable est plus cher. Il s’agit de fiches pratiques dans lesquelles j’explique les économies que l’on peut faire, ou alors a minima, je montre que certaines solutions durables n’impliquent pas de surcoût. Par exemple, manger bio ça ne coûte pas plus cher si on raisonne au niveau budgétaire. Une famille qui mange bio, c’est généralement une famille qui mange moins de viande, qui va probablement acheter en vrac, préparer plus de plats fait maison, faire plus attention à ses déchets. Globalement, ces familles gèrent mieux leur budget car elles gaspillent moins. On peut rentrer dans cette démarche pour des raisons économiques, écologiques ou les deux. Le guide « écofrugal » recense des solutions et met en avant leurs bénéfices. Et puis, je me suis aperçu que les gens ont envie de partager leurs bons plans responsables. C’est comme ça que m’est venue l’idée de mettre également en place des ateliers lors desquels différentes thématiques sont abordées : le zéro déchet, l’alimentation, la mobilité, l’habitat… Chacun de nous est porteur de solutions, on fait tous déjà des choses « écofrugales ».

Pourquoi avoir choisi le terme « écofrugal » ?

J’ai créé le mot « écofrugal » pour montrer qu’on pouvait concilier frugalité, économies et écologie. Le 21e siècle devra être le siècle de la modération. Nos consommations, nos modes de vie devront être plus sobres, plus « frugaux ». Et donc autant mettre le mot, l’objectif en valeur : rappeler qu’il faut faire plus avec moins. Plus en termes de santé, de qualité de vie, de bien-être ou de confort avec moins de ressources, et des contraintes financières. Plus généralement, l’idée du projet « écofrugal » c’est de remettre l’individu au centre, lui montrer ce que le développement durable peut lui apporter, et que cela peut améliorer son niveau de vie.