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Analyses

Ça existe ! Les fonds solidaires

©elenabsl/Shutterstock

Générer un rendement tout en finançant les entreprises solidaires, c’est possible grâce aux fonds solidaires. Investis en majeure partie en actions, ils consacrent entre 5% et 10% de leurs encours au financement d’entreprises solidaires reconnues d’utilité sociale.

En 2019, la finance solidaire a collecté 3 milliards d’euros auprès des épargnants français. Une bonne partie de cet encours a été capté par les fonds solidaires, aussi appelés fonds "90/10", qui investissent jusqu’à 10 % de leurs encours dans des entreprises solidaires. L’épargne salariale est en effet le premier canal de l’épargne solidaire, cumulant près de 62 % des montants, avec un encours de 9,7 milliards d’euros, selon le dernier baromètre de la finance solidaire Finansol/La Croix. Mais la loi Pacte, entrée en vigueur en mars 2019, devrait aussi contribuer à faire grandir la part solidaire des plans d’épargne entreprise et des plans d’épargne retraite. En effet, elle oblige désormais ces produits à intégrer au moins un fonds solidaire. Dès 2022, les assureurs-vie seront à leur tour contraints de pro- poser au moins une unité de compte solidaire dans chaque contrat.

Esus, un agrément pour flécher les financements

A qui bénéficient ces placements solidaires ? Principalement aux entreprises solidaires reconnues d’utilité sociale, qui ont obtenu l’agrément Esus. Cet agrément est donné aux entreprises de l’économie sociale et solidaire qui respectent certaines conditions, la première d’entre elles étant la recherche d’un impact social significatif.

Les entreprises d’insertion professionnelle, les services de l’aide sociale, les centres d’hébergement, des associations et fondations reconnues d’utilité publiques font partie de celles qui peuvent prétendre à cet agrément. Parmi les entreprises Esus, on retrouve des acteurs comme Enercoop, la Croix rouge française ou la Foncière d’Habitat et Humanisme. La loi Pacte devrait encore une fois jouer un rôle au niveau de cet agrément, puisqu’elle a reformulé la définition de la notion d’utilité sociale et simplifié les démarches d’obtention de l’agrément, notamment pour les coopératives. Ces modifications juridiques devraient contribuer à élargir le nombre d’entreprises et d’organisations financées grâce aux fonds solidaires.

Un label pour les fonds solidaires

Les fonds solidaires disposent également de leur propre label : celui de l’association Finansol, qui promeut activement la finance solidaire depuis 1995. Aujourd’hui, plus d’une soixantaine de fonds ont obtenu le label Finansol, gérés par des banques telles que le Crédit coopératif, le Crédit agricole ou BNP Paribas, aussi bien que par des sociétés de gestion comme Meeschaert Asset Management, La Financière Responsable ou Ecofi Investissements. Pour obtenir ce label, les fonds doivent respecter des principes de solidarité, bien entendu, mais aussi de transparence. Ainsi, le fonds doit tenir à disposition des épargnants l’ensemble des informations disponibles sur le produit labellisé et les informer sur son caractère solidaire, non seulement au moment de la souscription, mais aussi, par la suite, de façon annuelle. Le comité du label Finansol évalue aussi d’autres critères, comme le niveau des frais de gestion appliqués ou encore la promotion active des produits solidaires.

Les fonds de partage, une autre solidarité

Si les fonds solidaires investissent directement leur encours dans des entreprises solidaires, les fonds de partage choisissent de partager le fruit de leurs investissements. Ce sont ainsi les rendements générés par le fonds qui sont reversés sous forme de dons à une fondation, une association ou une organisation humanitaire préalablement définie. Pour être considérés comme tels, les fonds de partage doivent reverser au moins 25% des intérêts perçus. Dernier point à noter : si les deux mécanismes sont différents, ils ne sont pas pour autant incompatibles ! Il n’est pas rare de rencontrer des fonds d’investissement qui sont à la fois solidaires et de partage.

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