En France, les importations représentent 31,9 % des produits bio vendus sur le territoire national, selon les chiffres de l’Agence Bio.
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Politique

Salon de l'agriculture : Emmanuel Macron annonce un nouveau plan sur les pesticides

Après de récentes restrictions sur l'usage des pesticides qui préoccupent les paysans, Emmanuel Macron a annoncé samedi au Salon de l'Agriculture le lancement d'un nouveau plan visant notamment à coordonner l'action de la France avec celle de l'Union européenne.

"Pourquoi demander à nos agriculteurs des efforts que les voisins n'ont pas à faire ? On a eu récemment des décisions qui sont un peu tombées trop brutalement, on a mis des agriculteurs face à des oukases, sans solution", a-t-il déclaré devant la presse. "On veut, au niveau européen, avoir une politique qui s'harmonise bien davantage", a souligné le chef de l'Etat.

Un "calendrier européen", des "alternatives", des "accompagnements"

Ce plan, dont les contours seront dévoilés lundi par la Première ministre Elisabeth Borne, visera, selon le président, à "donner de la visibilité à nos agriculteurs" et "avoir un calendrier européen qui correspond au calendrier français". Emmanuel Macron a assuré qu'il y aurait "des alternatives et des accompagnements" pour les agriculteurs concernés par des restrictions.

Nombre d'agriculteurs jugent que l'éventail des pesticides (insecticides, fongicides ou herbicides) autorisés s'est excessivement réduit ces dernières années, les laissant face à des "impasses". En janvier, le gouvernement français avait été contraint de renoncer à accorder des dérogations aux producteurs de betteraves qui leur permettaient de recourir aux néonicotinoïdes, conformément à une décision de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Cette décision était intervenue quelques semaines avant les semis de betteraves alors que les néonicotinoïdes, toxiques pour les abeilles, protègent les cultures. Début février, quelque 500 tracteurs avaient défilé dans les rues de Paris, à l'appel du premier syndicat agricole, la FNSEA, pour dénoncer ce renoncement.

Le 15 février, l'Agence française de sécurité sanitaire (Anses) a également annoncé son intention d'interdire les principaux usages du S-métolachlore, un herbicide très utilisé en France, dont les dérivés chimiques ont été retrouvés dans l'eau au-delà des limites autorisées.

Annonçant le nouveau plan, l'Elysée l'a souligné : "c'est la première fois qu'on veut mettre les agriculteurs au coeur" de la décision alors que les précédents plans de réduction des pesticides agricoles, dits Ecophyto, étaient portés essentiellement par "des motivations" environnementales et sanitaires. La présidence a évoqué sans plus de précisions "des financements publics" et une potentielle contribution des producteurs de produits phytosanitaires "qui devront nous dire à quel point ils s'investissent avec nous pour trouver des solutions". "On ne peut pas ouvrir nos frontières sans avoir les même exigences de qualité", fait également valoir l'Elysée dans une allusion aux accords de libre échange, avec l'Amérique latine notamment. "Ce n'est pas cohérent de dire à nos agriculteurs 'faites un effort', et de voir du sucre qui vient du Brésil, avec peu de normes environnementales et des produits interdits depuis 20 ans" dans l'UE, relève-t-on de même source.

En 2020, la Cour des Comptes avait épinglé la politique de réduction du recours aux pesticides, jugée "très en deçà des objectifs" malgré un budget considérable de quelque 400 millions d'euros. La France compte réduire de 50 % l'usage des pesticides de synthèse d'ici à 2025.

Avec AFP. 

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