Le captage de CO2 dans l'atmosphère est souvent présentée comme une solution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
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La start-up suisse Climeworks délivre ses premiers certificats de retrait de CO2 de l'atmosphère

La société suisse Climeworks, spécialisée dans le captage du CO2, a délivré ses premiers certificats de retrait de dioxyde de carbone de l'atmosphère depuis son usine en Islande à ses grands clients tels que Microsoft.

Fin 2021, cette entreprise créée par deux ingénieurs issus des rangs de l'école polytechnique fédérale de Zurich avaient inauguré une usine en Islande où le CO2 est capté dans l'atmosphère, filtré, puis injecté sous terre dans le basalte pour le transformer en roche afin de l’éliminer durablement de l'atmosphère. Les montants de CO2 durablement retirés depuis cette usine baptisée Orca doivent ensuite être vendus sous forme de certificats à des entreprises désireuses de compenser leurs émissions de gaz effets de serre.

Dans un communiqué publié jeudi, l'entreprise suisse a annoncé qu'elle avait désormais fourni ce service de retrait de dioxyde de carbone "à ses premiers clients d'entreprise", après audit et validation par le bureau norvégien de certification DNV. Ses clients incluent notamment le géant informatique Microsoft, mais aussi la plateforme d'e-commerce Shopify ou encore la plateforme de paiement en ligne américano-irlandaise Stripe, cite en exemple l'entreprise suisse.

Elle n'a toutefois pas fourni de détails sur la quantité de Co2 retiré de l'atmosphère. "Fournir à nos premiers clients d'entreprise des services de retrait de dioxyde de carbone est une étape enthousiasmante que nous sommes fiers d'avoir franchie", a déclaré Christoph Gebald, un des cofondateurs de climeworks, cité dans le communiqué.

Un secteur encore naissant

Avec ces certificats, l'entreprise espère définir une référence dans le secteur naissant du captage direct de CO2 dans l’atmosphère. L'entreprise a été fondée en 2009 par deux anciens élèves de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich qui, après des travaux sur la captation de CO2 durant leur doctorat, ont voulu mettre leurs idées en pratique. En 2017, ils ont d'abord ouvert un premier site à Hinwil, près de Zurich, où le CO2 capté est utilisé notamment pour gazéifier des boissons ou est réinjecté dans des serres adjacentes pour faire pousser des fruits et légumes.

Mais rapidement, ils ont voulu passer à la vitesse supérieure, lançant un ambitieux projet en Islande, capable d'extraire davantage de CO2 de l'atmosphère. Pour rentabiliser l'installation, ils se sont fixé pour objectif de vendre les quantités durablement extraites sous forme de certificats à des entreprises. Dans son rapport publié l'an passé, le GIEC a estimé qu'il ne suffirait plus de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de remplacer les énergies fossiles par des renouvelables pour limiter le changement climatique, mais qu'il faudrait aussi retirer du CO2 de l'atmosphère.

Mais des organisations environnementales et une partie de la communauté scientifique n'y voient qu'une maigre solution, dans la mesure où une usine comme celle de Climeworks en Islande n'élimine en un an que ce que l'humanité produit en quelques secondes. Retirer du CO2 de l'atmosphère nécessite de surcroît beaucoup d'énergie. Pour cette raison, Climeworks a choisi d'installer son usine à côté d'un site de géothermie, une énergie entièrement renouvelable.

Avec AFP.

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