La to do du week-end

Rêve général(e) !

Avec, Gérard Paris-Clavel à la Maison d’Art Bernard Anthonioz
© Sarah Diep

Parce qu’un monde durable ne se fait pas sans citoyens alertes, quelques événements alternatifs pour repenser la ville, la démocratie, et rêver l’utopie. Tout simplement.

Que faire ce week-end? Voici quelques pistes parmi tant d'autres à retrouver dans notre agenda participatif.

(Cinéma) L’Assemblée de Mariana Otero au festival de films du Mouvement Utopia (dimanche)

Le 31 mars 2016, les opposants à la loi Travail décident de ne pas rentrer chez eux après la manifestation: c’est le début de la « Nuit Debout ». Et le moment que choisit Mariana Otero pour prendre la caméra. Pendant plusieurs mois, la réalisatrice suit des visages anonymes, étudiants, retraités, immigrés, bobos, anticapitalistes, universitaires… qui se retrouvent tous les jours place de la République pour réinventer le système. Entre quelques scènes de riot-porn (vidéos d'émeutes), L’Assemblée porte surtout un regard curieux et sincère sur les balbutiements du mouvement, les contradictions, les ambitions de ce qui constituera l’expérience de démocratie citoyenne la plus exaltante depuis longtemps. La serial-documentariste nous replonge dans l’effervescence passionnée du printemps dernier, avec ses rêves et ses alternatives plein les bras. De quoi redonner l’envie de sortir les banderoles même en ce début d’hiver.

L’Assemblée est diffusé ce dimanche à Paris pour le 7ème festival de films du Mouvement Utopia et sera suivi d’un débat avec la réalisatrice et Nuit Debout Paris. Le festival associatif propose aussi des courts ou longs-métrages dans plusieurs villes. Rendez-vous dès ce vendredi soir à Fréjus pour réfléchir sur le bien-fondé des projets d’infrastructures à la Notre-Dame-des-Landes (L’intérêt général et moi), ce weekend à Paris pour méditer sur le pouvoir des pétitions citoyennes (Des clics de conscience) ou jeudi prochain à Tours pour déguster vegan après Un monde sans viande.

L’Assemblée de Mariana Otero

  • Festival du films du Mouvement Utopia
  • Dimanche 12 novembre à 17h15
  • Cinéma La Clef
  • 34 rue Daubenton 75005 Paris
  • Pour plus d’informations, cliquez ici.

 

(Expo) Avec, Gérard Paris-Clavel à la Maison d’Art Bernard Anthonioz

« En chantier de vous connaître. » La grande banderole qui recouvre la Maison d’Art Bernard Anthonioz donne le ton de l’exposition. Décalé, drôle et engagé, le travail de Gérard Paris-Clavel est connu de tous: les autocollants « Rêve générale » ou « Utopiste debout », c’est lui aussi. Depuis quarante ans, ce graphiste, diplômé des métiers d’art puis des Beaux-Arts de Varsovie, joue avec les mots comme avec les images pour mieux interpeller sur l’absurdité du système dominant. La rétrospective qui lui est consacrée mélange les époques et les formats, rassemblant en vrac ses périodes Grapus puis Graphistes Associés, ainsi que tout le travail autonome qu’il réalise seul ou avec l’association Ne pas plier depuis le début des années 90. Ainsi les slogans des manifestations sociales de 1995 côtoient-ils la « place de la Rêvepublique » du 32 mars 2016, et d’une décennie à l’autre les jets de « pavés de bonnes intentions » demeurent les outils de choix du conflit social. Rafraîchissante par ses signalétiques détournées avec humour et poésie, enrichie par de nombreux documents papiers (le journal Travails et autres livrets), l’exposition francilienne met en lumière un « graphisme social et politique » à toute épreuve. Incontournable avant de reprendre la semaine.

Avec, Gérard Paris-Clavel

  • Jusqu’au 12 novembre 2017
  • Maison d’Art Bernard Anthonioz
  • 16 rue Charles VII, 94130 Nogent-sur-Marne
  • Pour plus d’informations, cliquez ici.

(Expo) Principe anthropique, Édouard Moulin et Lucien Gurbert au Panache Club (vendredi)

Architectes de formation, Édouard Moulin et Lucien Gurbert investissent ce vendredi le Panache Club, à Nantes, pour une expo collaborative explorant l’impact de l’homme sur son environnement. D’un trait incisif et dérangeant, alternant noir et blanc et couleurs contrastées, les illustrations de Lucien Gurbert révèlent des personnages en prise avec une société à la dérive – violences policières, scènes urbaines chaotiques, architectures défensives. Édouard Moulin, lui, s’interroge sur les interactions entre naturel et artificiel. À travers ses grands tirages à la douceur argentique, paysages humains, trop humains, où le bitume côtoie les espaces verts, il rend « hommage à cette transformation de la nature ». Sans discours critique ni engagé, les jeunes artistes portent un regard nihiliste sur notre planète contradictoire. « C’est une admiration de notre époque, sans s’y opposer », résument-ils. Une réflexion de long terme, pour une exposition ultra-éphémère : à visiter ce soir ou jamais.

Principe anthropique, Édouard Moulin et Lucien Gurbert

  • Vendredi 10 novembre 2017 à 18h30
  • Le Panache Club
  • 66 rue d'Allonville, 44000 Nantes
  • Pour plus d’informations, cliquez ici.