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Zéro déchet : pour les règles aussi !

La campagne de Zero Waste France pour promouvoir et généraliser les alternatives réutilisables aux protections menstruelles jetables.

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Kit d’animation à télécharger en bas de page

Chaque année, plus de 2 milliards de tampons et serviettes menstruelles jetables sont jetés en France. Encore largement commercialisées et utilisées en France et dans le monde, les protections menstruelles jetables sont source de pollutions environnementales et présentent de potentiels risques pour la santé des utilisatrices. Malgré la multiplication des alertes et recommandations lancées ces dernières années, la présence de substances chimiques nocives pour l’environnement et la santé reste toujours avérée à ce jour.

Pourtant, les alternatives réutilisables et saines existent, mais sont aujourd’hui mal connues et les informations officielles sur leur disponibilité et les conseils d’utilisation sont rares. Le déficit criant d’information publique, possiblement du fait de tabous persistants autour du sujet des règles, et les lacunes législatives (l’absence d’obligation d’affichage de la composition et d’interdiction de certains composés toxiques) demeurent des obstacles majeurs au développement d’alternatives saines et écologiques, comme les serviettes et culottes menstruelles lavables ainsi que les coupes menstruelles.

Des produits problématiques pour l’environnement

Tout au long de leur cycle de vie, depuis l’extraction des matières premières et leur fabrication jusqu’à leur traitement en fin de vie, les protections menstruelles jetables engendrent de nombreuses et multiples pollutions environnementales. En amont, la fabrication des protections jetables consomme une quantité considérable de ressources. Les deux matériaux principaux qui les composent, le coton et le plastique, nécessitent en effet de grandes quantités d’eau, de matières premières et de ressources fossiles non renouvelables. Les pesticides employés dans la culture du coton et les nombreux produits chimiques utilisés lors de la fabrication (notamment le chlore pour blanchir les produits ainsi que de nombreux additifs chimiques) polluent les réseaux d’eau, les nappes phréatiques et les sols.

Une fois jetées à la poubelle, les protections à usage unique, ainsi que leurs emballages (films protecteurs en plastique, applicateurs) seront inévitablement incinérés ou enfouis. Pour rappel, l’incinération et la mise en décharge sont deux modes de traitement des déchets sources de pollutions de l’air et des sols, ainsi que d’émissions de gaz à effet de serre.

Les tampons et les serviettes ne sont en effet pas recyclables et représentent, avec les autres textiles sanitaires (couches, lingettes, mouchoirs jetables, etc.) 13% des ordures ménagères résiduelles, soit plus de 30 kg par an et par habitant, selon l’Ademe.

Il arrive par ailleurs que les protections menstruelles soient jetées dans les toilettes. Les microparticules de plastiques et autres substances chimiques n’étant pas toutes traitées par les stations d’épurations, elles polluent durablement les sols et les cours d’eau et portent atteinte à la biodiversité. Le plastique qu’elles contiennent met en moyenne 500 ans à se dégrader, alors que ces serviettes ou tampons n’ont servi que quelques heures. Les protections menstruelles se retrouvent fréquemment dans la nature, et sont le cinquième type de déchets en plastique à usage unique le plus répandu sur les plages, générant de nombreux impacts (pollution des eaux et de la biodiversité marine).

Des risques pour la santé des utilisatrices

Les protections menstruelles jetables présentent également des risques pour la santé, du fait de leur composition. De nombreuses substances chimiques peuvent se retrouver dans les protections menstruelles : phthalates, BPS, glyphosate, BPA, dioxines et d’autres additifs pétrochimiques ou pesticides résiduels, dont le glyphosate. Au delà des irritations, intolérances et allergies qu’elles peuvent provoquer chez certaines femmes, une partie de ces substances sont connues pour être des perturbateurs endocriniens et être associées à différents troubles de procréation, de dysfonctionnements hormonaux et de cancers. Bien qu’elles dépassent rarement les seuils sanitaires, ces substances toxiques issues de la contamination des matières premières ou des procédés de fabrication sont directement absorbées par la peau.

En l’absence de réglementation contraignante pour les fabricants d’afficher la composition de ces produits, les marques sont peu transparentes sur les composants utilisés et leurs effets sur la santé. Toujours est-il que la plupart des produits contiennent encore des substances toxiques, et ce malgré le dernier rapport de l’ANSES recommandant aux fabricants d’améliorer la qualité de ces produits afin d’éliminer ou de réduire au maximum les composés chimiques aux effets cancérigènes ou perturbateurs endocriniens. 

Les protections menstruelles zéro déchet comme alternatives écologiques

De plus en plus de marques se sont développées ces dernières années pour proposer des alternatives saines et écologiques aux protections menstruelles jetables. Coupes menstruelles, serviettes et culottes lavables, les alternatives zéro déchet gagnent en popularité, pour les bénéfices à la fois environnementaux et sanitaires qu’elles présentent.  D’une durée de vie de 5 à 10 ans, les protections menstruelles réutilisables représentent une véritable solution pour réduire les déchets liés aux menstruations et plus largement, les plastiques à usage unique. Conçues pour durer longtemps, elles permettent de réduire l’utilisation de ressources et sont moins susceptibles d’être jetées dans les toilettes ou abandonnées dans la nature.

De part leur composition, les alternatives réutilisables sont généralement plus saines pour la santé. Les serviettes et culottes lavables certifiées sont pour la majorité fabriquées à partir de fibres naturelles (coton, chanvre, soie), qui selon les marques sont certifiées biologiques (certification GOTS), ainsi qu’à partir de matières synthétiques pouvant bénéficier de la certification OEKO-TEX, qui garantit l’absence de substances indésirables pour la santé et pour la peau et réduisent ainsi les risques de contamination pour les utilisatrices. Les coupes menstruelles quant à elles sont composées de silicone de qualité médicale ou latex. La plupart de leurs fabricants (dont un certain nombre de marques françaises) revendiquent, par ailleurs, une plus grande transparence dans la composition des protections menstruelles, garantissant une meilleure qualité et la non toxicité de leurs produits.

L’investissement à l’achat de protections réutilisables est certes plus important mais la durée d’utilisation permet de rentabiliser cet investissement. Sur 5 ans, une coupe menstruelle ou un lot de serviettes lavables permettent ainsi d’économiser de 175 à 245 euros.

Pour en savoir plus sur les protections menstruelles zéro déchet, découvrez l’article de la Maison du Zéro Déchet « En finir avec le jetable : les nouvelles règles »

Les propositions de Zero Waste France pour lever les freins politiques

Malgré l’essor des protections menstruelles réutilisables et saines, celles-ci sont aujourd’hui encore loin d’être généralisées. En cause, le manque de politiques publiques visant à informer et sensibiliser les citoyens et les professionnels de santé à ces alternatives réutilisables et à leurs modalités d’utilisation. Le jetable reste ainsi souvent mis en avant comme la seule solution disponible, et bénéficie par ailleurs d’une réglementation souple, qui évite aux fabricants de devoir indiquer sur leurs produits la présence de substances potentiellement toxiques. Face à ce constat, Zero Waste France propose deux axes politiques prioritaires qui contribueront à réduire l’exposition des femmes menstruées à des substances toxiques et diminuer l’impact environnemental des protections menstruelles : 

→ Lancer un programme national d’information et de sensibilisation sur les protections menstruelles réutilisables, en lien avec plusieurs ministères (santé, droit des femmes, environnement, éducation). Il paraît pertinent de cibler prioritairement les collégiens et collégiennes, qui manquent souvent d’informations fiables sur les menstruations, et les professionnel-les de santé (planning familial, gynécologues, sages-femmes, infirmiers et infirmières, etc.), amené-es à conseiller les femmes sur ces questions.

→ Quand des dispositifs de distribution gratuite ou à bas prix de protections menstruelles sont mis en place pour lutter contre la précarité menstruelle, proposer systématiquement une alternative réutilisable pour permettre aux femmes d’éviter ainsi ensuite des dépenses mensuelles .

→ Elaborer dans le cadre du règlement REACh une réglementation spécifique aux protections menstruelles et plus restrictive sur leur composition et fabrication, en rendant obligatoire l’affichage des composants et en interdisant les substances cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction dans les protections jetables.

Un kit d’animation pour faire connaître et généraliser les protections menstruelles zéro déchet

Pour faire connaître et populariser l’usage de ces protections alternatives auprès de publics cibles (utilisatrices, professionnels de santé et de l’éducation, grand public), Zero Waste France a conçu un kit d’animation avec des supports d’informations pédagogiques permettant de sensibiliser les différents publics aux impacts des protections jetables et aux alternatives écologiques.