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Pollution intérieure : les gestes pour un air plus sain

En France on estime à 19 milliards d’euros par an le coût de la mauvaise qualité de l’air intérieur.
©ronstik/Shutterstock

Les Français passent en moyenne 16 heures dans leur logement par jour : l’air y est pourtant souvent bien plus pollué que l’atmosphère extérieure, confinement oblige. ID fait le tour des solutions pour mieux respirer chez soi.

Faire le ménage, du bricolage, utiliser de l’insecticide, effectuer des travaux, mettre du parfum ou fumer chez soi… Toutes ces activités ne sont pas sans incidence sur l’air intérieur. Elles contribuent entre autres à la présence de polluants chimiques (composés organiques volatils par exemple) ou biologiques (allergènes de moisissures ou d’acariens...) dans notre logement. S’y ajoutent diverses fibres et particules que nous respirons quotidiennement. D’autant que les Français passent 80 % de leur temps dans un espace clos ou mi-clos. Nos meubles, nos objets de décoration et nos revêtements de sol contribuent également à cette pollution intérieure.

Citons la moquette : une enquête menée par une société de conseil américaine et publiée en mars 2018 révèle la présence de substances toxiques mises en cause dans une série de maladies dans les moquettes vendues dans l’Union européenne. Des perturbateurs endocriniens et des cancérogènes que nous inhalons et qui peuvent notamment s’avérer "extrêmement dangereux pour les femmes enceintes, les bébés et les jeunes enfants".

Plus globalement selon l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI), dépendamment de notre exposition aux polluants intérieurs, de leur nature et de leur concentration, ceux-ci pourraient causer des "symptômes d’irritations de la peau, des muqueuses ou du tractus respiratoires, des nausées ou des céphalées" voire des "pathologies respiratoires, neurologiques ou cardio-vasculaires pouvant aller jusqu’au développement de certains cancers". La pollution intérieure représente d’ailleurs une des premières causes de mortalité en France. Concrètement, que faire ?

Favoriser la circulation naturelle de l’air

-10 minutes : c’est le temps d’aération minimum par jour nécessaire afin de renouveler l’air intérieur de son logement à toute saison. Cela permet de limiter la concentration des polluants chez soi. On pense particulièrement à ouvrir les fenêtres lorsque l’on fait du ménage ou du bricolage et on les ouvre davantage qu’ailleurs dans les pièces comprenant des appareils à combustion. Il est aussi important de ne pas boucher les ouvertures d’aération et de les maintenir propres, il faut toujours qu’il y ait un espace de 2 cm sous les portes pour permettre à l’air de passer. En cas de travaux ou d'installation de nouveaux meubles, on aère son logement pendant plusieurs jours.

-Lorsque l'on est équipé d’une ventilation mécanique contrôlée ou VMC, il ne faut pas l’éteindre et il faut vérifier son bon fonctionnement : on enlève sa partie amovible et on la nettoie. Il est important qu’un spécialiste réalise son entretien tous les trois ans.

Veiller à réduire l’humidité

Bain, douche, cuisine : ces activités produisent beaucoup d’humidité et appellent à une ventilation de notre logement pour éviter la condensation de l’eau sur les murs et les meubles. Côté linge, on le fait sécher idéalement à l’extérieur : si ce n’est pas possible, il faut encore une fois aérer. Si l’on a un sèche-linge, on vérifie qu’il rejette bien l’air à l’extérieur du bâtiment. Il faut veiller à réparer un dégât des eaux ou une fuite d’eau le plus vite possible (et ne pas attendre pour assécher le tout). Si l’on voit apparaître de la moisissure, il faut aussi la nettoyer au plus vite. Celle-ci peut émettre des allergènes, tout comme les animaux domestiques d’ailleurs, les plantes, les insectes et les acariens (prolifération avec l’humidité et la chaleur).

Limiter les produits nocifs

-Les produits ménagers seraient aussi nocifs que le tabagisme pour les poumons. Mieux vaut acheter le strict minimum ou fabriquer soi-même des produits d’entretien naturels en suivant par exemple les conseils d’ID. On les stocke dans un endroit ventilé, loin des sources de chaleur et on les utilise dans des pièces aérées. A noter qu’il vaut mieux privilégier un nettoyage humide qu’un balayage simple selon l’OQAI, pour éviter la remise en suspension des poussières. Une fois encore, on aère en effectuant ce nettoyage.

-Parfums d’ambiance, désodorisants chimiques, bougies, encens sont à éviter ou du moins à limiter chez soi.

-Les produits de construction, d’ameublement et de décoration s’accompagnent de potentielles émissions chimiques. Par exemple, certains meubles émettent des COV et du formaldéhyde provenant notamment des colles utilisées pour leur fabrication. On opte idéalement pour des produits portant l’Ecolabel Européen.

-Côté tabac, l’idéal est de ne pas fumer dans son logement.

Entretenir ses appareils de combustion

-Il est important de faire vérifier sa chaudière avant la période de froid par un professionnel qualifié, d’en prévoir une révision complète chaque année et de bien respecter sa notice d’utilisation.

-Le ramonage des conduits de fumée est obligatoire au moins une fois par an (vérifier les règlements sanitaires de son département). Mieux vaut utiliser un combustible de qualité (par exemple NF bois de chauffage ou France Bois Bûche) et ne pas brûler de bois de récupération ou de bois humide.

-Ne pas utiliser de manière continue des appareils de chauffage mobiles d’appoint à gaz ou à pétrole (production de monoxyde de carbone entre autres polluants). D’autres conseils ici.

Bon à savoir 

-Sur le site du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire est mis à disposition des Français un quiz afin de savoir si nous effectuons les bons gestes pour respirer un air plus sain à la maison. A la fin de ce test, un compte-rendu personnalisé nous précise quelles habitudes nous devrions privilégier.

-Quid des plantes dites « dépolluantes » ? L’Agence de l’Envionnement et de la Maîtrise de l’Energie (Ademe) estime que l’argument « plantes dépolluantes » n’est pas prouvé scientifiquement notamment « au regard des niveaux de pollution généralement rencontrés dans les habitations ».

Sources : Observatoire de la qualité de l’air intérieur, Ademe 

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