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INFO PARTENAIRE

Objectifs de développement durable de l’ONU : réel changement ou instrument de communication pour les entreprises et leurs investisseurs ?

©SAPhotog/Shutterstock

En septembre 2015, l’ONU publiait les Objectifs du Développement Durable (ODD), 17 objectifs de développement prioritaires pour l’action internationale afin de répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux au niveau global.

Ce cadre d’action qui prend la suite des Objectifs du Millénaire, définis en 2000 pour une période de 15 ans, se distinguent du précédent plan d’action de plusieurs manières. Des objectifs environnementaux et économiques sont ajoutés à la dimension plutôt sociale et humanitaire des 8 objectifs du millénaire, actant le fait que le développement pour être durable, passe aussi par un environnement sain et une croissance durable. Ainsi, les 17 ODD concernent désormais les pays développés tout autant que les pays en développement, avec certains enjeux comme la lutte contre le changement climatique qui nécessite une action globale coordonnée. Enfin, ils s’adressent désormais aux gouvernements comme aux acteurs privés, en reconnaissance que la réponse à ces défis globaux nécessite une action coordonnée des sphères publiques et privées.

Une aubaine pour démontrer sa "positivité"

Les acteurs de la sphère privée se sont emparés très rapidement de ces Objectifs globaux, y trouvant là une aubaine pour présenter la contribution positive de leurs activités sur la planète et la société.  Mais quel a été l’impact de ces ODD pour réorienter les financements privés vers des activités qui contribuent au développement durable ? Les entreprises, et leurs investisseurs, ont-elles réellement intégré ces Objectifs dans leur stratégie et décision d’investissement ou s’en sont-elles principalement servies à des fins de communication ?

Une revue rapide des engagements ODD de grandes entreprises internationales tend à montrer que l’utilisation de ces objectifs reste pour le moment très superficielle et cantonnée à une visée de communication. Ainsi, une entreprise indique contribuer à l’ODD 10 qui concerne la lutte contre les inégalités parce qu’elle respecte la liberté syndicale. Une autre affirme contribuer à l’ODD 8 qui concerne la création d’emplois décents parce qu’elle respecte les conventions internationales du travail. Certaines indiquent contribuer à la paix dans le monde (ODD 16) car elles s’engagent à ne pas pratiquer la corruption. Des contributions positives qui ne sont en fait que des obligations légales ou des standards de marchés.

Un cadre pertinent à exploiter

Or nous pensons que les ODD, utilisés à bon escient, proposent un cadre extrêmement pertinent d’analyse de la contribution positive d’un acteur économique aux grands défis de nos sociétés. Ce cadre d’évaluation pourrait également fournir des indicateurs pertinents afin d’évaluer les impacts positifs des fonds d’investissement des gestionnaires d’actifs, face à des épargnants de plus en plus désireux de résultats tangibles et d’histoires positives.

Dans le but d’y voir plus clair et de ne pas céder à « l’ODD washing », il est désormais nécessaire de créer des indicateurs d’impact robustes pour calculer les contributions positives réelles à l’atteinte des ODD. Dans sa nouvelle démarche d’investisseur responsable, DNCA Finance compte relever ce défi et développer son propre outil de mesure d’impact inspiré des ODD.