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L’ami dollar et l’ennemi virus

©Michael Candelori/Shutterstock

Le dollar a encore franchi un point haut par rapport à l’euro (1,08) alors que les premières estimations de coût du coronavirus sur la croissance économique du coronavirus commencent à sortir.

En effet, par exemple en France, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a indiqué que dans l’état actuel des choses, le coût pour la croissance française serait de 0,1 point de croissance. L’analyse des trafics automobiles (ou plutôt du niveau de congestion) dans la ville de Shangaï via l’application tomtom montre un net ralentissement du trafic urbain sans retour à la moyenne de 2019 pour l’instant. L’activité est donc fortement ralentie et le nombre de cas de contamination et de décès ne faiblit pas. Des événements (séminaires professionnels, tournois sportifs) sont annulés. Si on peut estimer que l’effet sera temporaire, il n’en demeure pas moins que le coût sera important pour la croissance mondiale et la crédibilité sanitaire de la Chine.

Pendant ce temps, Donald Trump jubile avec de bons chiffres économiques et une perspective électorale qui pourrait rapidement revenir en sa faveur. En janvier 2020, les indices de confiance économique ont progressé, ou poursuivi leur progression aux Etats-Unis. Ainsi l’indice ISM Manufacturier a bondi de 3,1 points pour atteindre 50,9. Certains prévisionnistes évoquent un rythme de croissance du PIB d’environ 2.5% par an signalant de facto une légère accélération. L’arrêt brutal de la Chine, qui constitue une part importante de la chaîne de valeur globale, aura sûrement des conséquences mais Donald Trump, une fois encore très chanceux après le missile iranien, a réussi à isoler la Chine par elle-même.

Après un retour dans le vert, les marchés actions ont recommencé à chuter. Les flux négatifs et les nouvelles toujours assez alarmantes sur le coronavirus tissent une toile anxiogène favorable au repli vers les actifs refuges (taux 10 US, dollar, or, yen…).

Le corolaire positif de l’impact négatif du virus sur la croissance mondiale est la baisse du prix du baril pour le consommateur occidental (55$). Son pouvoir d’achat s’en trouvera amélioré. Les niveaux de volatilité (VIX et MOVE) ont monté depuis quelques semaines indiquant la nervosité d’un marché boursier. L’année 2020 devrait être moins généreuse que 2019 en termes de performance. Il faut se méfier des raisonnements par homothétie ou par l’inverse.

Chaque année boursière a son propre parcours mais en 2020 le début d’année nous apprend une chose. C’est l’incertain (le coronavirus en est un exemple) qui guide les pas de l’humanité et notamment celle de l’humanité « financière ».

 Par Igor de Maack, Gérant et porte parole de la Gestion.