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L’absconse nature de l'actif refuge

© Shutterstock / Itti Ratanakiranaworn

En faisant fi des corrélations d'usage, la panique observée sur les marchés actions la semaine dernière, causée par le retour des confinements en Europe, rappelle le krach de début d’année.

L’or a cédé du terrain ; les bons du Trésor américain n’ont pas protégé les portefeuilles ; la cryptomonnaie alternative, le Bitcoin, a accompagné la baisse des actions emmenée autant par les styles croissance que value, sans que le distinguo de taille de capitalisation ne permette de mieux résister selon qu'on privilégiait les grandes sociétés aux plus petites. 

A l'approche d'une semaine décisive marquée par l'échéance électorale américaine et un bataillon d'indicateurs macroéconomiques avancés pour le quatrième trimestre, les actifs refuges traditionnels ne jouent pour l’instant plus leur rôle, comme ce fut le cas en mars. Le constat est implacable : les corrélations entre les classes d’actifs sont devenues instables en 2020 : ce qui permettait historiquement de diversifier le risque peut au contraire le concentrer dans certaines phases de marché.

Paradoxalement, les métaux industriels évoluent aujourd’hui au-dessus de leur niveau pré-crise grâce à leur sensibilité directe à la reprise économique chinoise, offrant la vision trouble et mirifique d’une oasis dans le désert des actifs refuges… malgré leur nature très volatile.

Il est vrai que la Chine bénéficie d’une reprise économique robuste. Sa banque centrale a crédibilisé sa monnaie en pilotant l’offre de liquidités par les ratios de réserves bancaires plutôt qu’au travers de programmes de rachats d’actifs massifs. A bien des égards, la zone yuan offre une alternative aujourd’hui séduisante aux actifs en dollars ou en euros, ce qui s’est d’ailleurs traduit au cours des derniers jours par une très nette sur-performance des grandes capitalisations chinoises cotées à New York par rapport à leurs homologues américains. 

Mais le risque politique est-il moindre en Chine ? La mobilité des capitaux y est-elle aussi libre ? L’omnipotence du parti communiste garantit-elle un sauf-conduit pour l’investisseur ? Dangereuse mission que de chercher un abri, quand les variables économiques seules ne suffisent pas… et que les corrélations historiques ne fonctionnent plus…

Texte achevé de rédiger le 30 octobre 2020 par Thomas Planell, Gérant – analyste.