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INFO PARTENAIRE

Climate Finance Day : la finance au rendez-vous du défi climatique ?

Pour la quatrième année consécutive, le Climate Finance Day se tenait à Paris à quelques jours de l’ouverture de la COP24 en Pologne. L’occasion de faire un point sur l’engagement et la contribution de la finance au défi climatique.

« La finance sera verte ou elle ne sera pas »

En ouverture de ce quatrième Climate Finance Day, Brune Poirson, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la transition écologique et solidaire, rappelait le discours du Premier Ministre Bruno Lemaire lors de la précédente édition qui avait marqué les esprits en affirmant : « la finance sera verte ou ne sera pas ». Qu’en est-il alors de ce verdissement ?

Les chiffres du rapport publié par Climate Change Association et Finance for Tomorrow en ouverture de la conférence montrent bien l’immensité de la tâche. Les financements « verts » ne représentaient en 2017 que 1% des portefeuilles d’investissements, 1% du marché des obligations et 15% du marché des prêts syndiqués. Nous restons bien loin de ce qui est nécessaire pour une transition écologique en ligne avec les objectifs de l’Accord de Paris. Pourtant, il est difficile d’affirmer que rien ne s’est passé depuis l’an dernier. L’évènement le plus structurant de l’année écoulée restera la publication par la Commission européenne de son Plan d’Action sur la Finance Durable. L’objectif est ambitieux : réorienter les flux de capitaux vers une économie plus durable, en intégrant les notions de durabilité et de long-terme au cœur de la mission et du fonctionnement du système bancaire et financier. Si cette feuille de route impulse une direction claire et ambitieuse avec des objectifs concrets de moyens et de transparence, sa mise en place reste compliquée et a pris du retard dans un contexte européen où les sujets politiques plus urgents ont pris précédence.

De leur côté, les acteurs privés ne sont pas restés inactifs. L’initiative des « Science-Based Targets », qui demande aux entreprises d’aligner leurs engagements climat sur une trajectoire compatible avec l’Accord de Paris et la fameuse limite des 2 degrés de hausse des températures, compte aujourd’hui presque 500 entreprises signataires. Le secteur bancaire et financier a continué à renforcer ses engagements pour le financement d’activités plus vertes et moins dépendantes des énergies fossiles, avec des plans massifs d’investissements verts et le désengagement de certains secteurs jugés non compatibles avec une trajectoire 2 degrés, au premier rang desquels le charbon.

A ces engagements sur le papier, certaines ONG opposent cependant la réalité des chiffres. Après le rapport 2018 « Banking on Climate Change » publié par un groupe d’ONG dont Banktrack et qui indiquait que les financements d’énergies fossiles dites « extrêmes », avaient augmenté de 11% en 2017, c’est Oxfam qui a jeté un pavé dans la marre la semaine dernière, avec un rapport qui affirme que les banques françaises ont entre 2016 et 2017 « réduit leurs financements à destination des énergies renouvelables d'un montant équivalent à l'augmentation de leurs financements vers les énergies fossiles ». Si la méthodologie peut être discutée, le message pour les acteurs bancaires et financiers est clair : il s’agit désormais d’aligner les actes avec les mots. Une condition sine qua none pour reconquérir la confiance des citoyens et des épargnants.

La nécessité d’une transition juste

Dans un contexte où la tension entre objectifs environnementaux et justice sociale est de plus en plus flagrante, la finance a été appelée par la Secrétaire d’Etat Brune Poirson à accompagner une transition écologique juste et inclusive. Rappelons que la notion de justice sociale est à la base du développement durable, qui cherche à combiner les notions de performance économique, environnementale et sociale (la fameuse « triple bottom line »). La réconciliation des objectifs de transition écologique et de progrès social est un enjeu clé pour les politiques et pour les acteurs financiers. C’est par ailleurs un souci constant de l’investissement socialement responsable (ISR), qui s’appuie sur une analyse combinée des pratiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) des entreprises. Ainsi, il est de plus en plus clair que la transition sera juste ou ne sera pas, ce qui constitue un véritable défi pour les politiques publiques et pour l’orientation des financements. A ce propos, la maire de Paris Anne Hidalgo rappelait à juste titre l’importance du rôle des territoires dans la transition, une dimension souvent oubliée des discussions sur la finance verte.

Paris, le phare de la finance verte ?

Ce « Climate Finance Day », malgré son nom anglais, visait aussi affirmer la position de leader de la France dans la finance verte. Comme l’a dit la maire de Paris Anne Hidalgo en conclusion de son intervention : « si Paris ne mettait pas en place l’Accord de Paris, qui le ferait ? ». Rappelons sans chauvinisme, que la France a joué un rôle pionnier dans le développement d’une finance plus verte et responsable. Notre pays a été en 2015 avec la loi de transition énergétique pour la croissance verte et son fameux article 173, le premier à imposer aux investisseurs institutionnels de communiquer publiquement sur l’intégration des enjeux ESG ou « extra-financiers » ainsi que sur les moyens mis en œuvre pour contribuer à la transition énergétique et écologique. Mais aujourd’hui, au-delà de l’effort de transparence, les épargnants et bénéficiaires exigent de plus en plus des gestionnaires de leur épargne et de leur retraite des résultats tangibles. Il s’agira là aussi de passer des mots aux actes en démontrant la contribution des investissements à la transition écologique et au progrès social. Un défi qui constitue le cœur de notre démarche d’investissement responsable, et que DNCA Finance entend bien relever.