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Trois bonnes raisons d'investir dans des entreprises sociales cette année

©Andrey_Popov/Shutterstock

Diversification des plateformes et des projets, impact sur l'économie réelle, retombées financières... Le crowdequity a quelques arguments à faire valoir pour attirer des particuliers intéressés par l'idée de donner du sens à leurs économies. Petit tour d'horizon.

Malgré une année record pour le crowdfunding, avec 336 millions d'euros collectés en 2017, le crowdequity a pour sa part accusé un léger recul par rapport à l'année précédente. Pourtant, cette forme particulière de financement participatif qui consiste, pour des particuliers, des entreprises ou des institutions, à investir dans des entreprises non cotées via des plateformes internet, ne manque pas d'arguments pour attirer les investisseurs. En voici quelques-uns.

Des projets à impact

Aujourd'hui, il existe plus d'une trentaine de plateformes de crowdequity en France, qui proposent chacune une multitude de projets à soutenir, de natures variées. Certaines de ces plateformes sont plutôt généralistes, mais d'autres portent spécifiquement des projets à impact positif, pour la société ou l’environnement, voire les deux. « Il s'agit d'entreprises qui s’inscrivent vraiment sur un territoire et qui répondent à des problématiques de société. Elles sont aussi souvent avant-gardistes et préparent le terrain pour le futur », explique Eva Sadoun, co-fondatrice de la plateforme LITA.co, qui propose de l'investissement dans ce type de projets.

Par exemple, commente-t-elle, une entreprise (Chênelet) qui propose des logements écologiques pour des personnes très précarisées. « C'est un investissement qui créé de la valeur sociale sur la logique d’insertion par le logement mais aussi par l’emploi ». Qu'il s'agisse de social ou d'énergies renouvelables, chacun peut ainsi, par le biais du crowdequity, se diriger vers les projets qui répondent le plus à ses valeurs.

Performances financières

Pour certains, le fait d'investir dans des entreprises sociales peut rebuter : « Souvent on a l’impression que « solidaire » est synonyme de rentabilité moins forte » détaille Eva Sadoun. « Mais en fait, c’est la même chose que dans le secteur classique, c'est-à-dire qu’il y a des placements rentables et d’autres qui le sont moins et ce selon les risques ». Et si le secteur rapporte moins, il n'est pas pour autant exempt de performances « Sur Chênelet par exemple, on est sur 3 % par an. Et ensuite il y a la défiscalisation et la sortie, donc c’est quand même intéressant » .

Mais tout comme l'investissement en capital classique, le crowdequity n'est pas sans risques. En cas de faillite ou de mauvais résultats, les investisseurs sont donc exposés à la perte des montants engagés. « Ce que disent les chiffres aujourd’hui, c’est que les rentabilités sont certes moins importantes dans le secteur de l’impact investing, mais qu’en tout cas la pérennité de ces entreprises est plus importante. Parce que nous ne sommes pas sur des logiques concurrentielles ou compétitives. Elles sont ancrées sur des territoires et elles sont soutenues aussi par ces territoires et les parties prenantes ».

Sur les avantages fiscaux

Comme pour les autres types de financement participatif, l'equity ouvre le droit à certains avantages fiscaux. Mais la réforme de l'ISF est quelque peu venu bouger les lignes. En investissant en crowdfunding, il est désormais possible de défiscaliser l'impôt sur le revenu à hauteur de 25 %, contre 18 % auparavant. Le plafond des niches fiscales est pour sa part toujours fixé à 10 000 euros.

En revanche, l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), venu en remplacement de l'ISF, ne donne plus droit aux avantages de son prédécesseur, c'est-à-dire une défiscalisation à hauteur de 50 %. 

Point bonus : l'aventure entrepreneuriale

Dernière raison et non des moindres, conclue Eva Sadoun, le crowdequity, au-delà d'une inscription dans l'économie réelle, est l'occasion de vivre une aventure entrepreneuriale :

Souvent les gens qui investissent ne sont pas des entrepreneurs. Et en rejoignant l’actionnariat des entreprises, ils peuvent apporter leurs compétences, voter aux assemblées générales, être partie prenante et finalement vivre un peu cette aventure entrepreneuriale, ce qui n’est pas le cas dans un fonds d’investissement, même solidaire. On sait que notre argent a de l’impact, mais on ne va pas vivre cette aventure, on ne va pas être acteur de l’entreprise. C’est ce que permet le crowdequity : de pouvoir s’impliquer en plus d’investir.