Edito

La finance se verdit-elle assez vite ?

Bruno Le Maire était présent au Climate Finance Day qui se tenait à Paris du 26 au 28 novembre 2018.
©Eric Piermont/AFP

Le Climate Finance Day, un événement dédié à la finance durable, se tenait cette semaine à Paris. L’occasion de faire le point sur les avancées du secteur financier en la matière.

Cette semaine se tenait, pour la quatrième année consécutive, le Climate Finance Day (CFD). Du 26 au 28 novembre, l’événement consacré à la finance durable avait cette année pour thème "l’innovation et l’impact". L’occasion, pour les acteurs du secteur, de faire passer leurs annonces. La Caisse des dépôts et consignations (CDC) a ainsi annoncé qu’elle cesserait d’investir dans les entreprises dont l’exposition de l’activité au charbon dépasse 10 % du chiffre d’affaires. L’objectif à terme : "une sortie définitive du charbon" a indiqué le CDC dans un communiqué. Autre engagement, celui de consacrer une part de ses investissements au soutien de "projets ayant un impact positif sur le climat".

Une trajectoire soutenue au niveau politique. Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, lors de son discours au CFD a réclamé la mise en place, dans les entreprises dont l’Etat est actionnaire, "d’une stratégie de réduction de ses émissions en CO2". La secrétaire d’Etat auprès du ministère de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, également présente lors de l’événement a appelé à ce que "la finance climat devienne la finance traditionnelle".

Transition – en cours

Un switch en cours certes, mais loin d'être atteint cependant, si l’on en croit le rapport du groupe de réflexion I4CE publié lundi 26 novembre. L’organisme note l’augmentation des investissements climat depuis 2014, qui atteignent aujourd’hui "plus de 40 milliards d’euros". Or, "les besoins en la matière sont compris entre 50 et 70 milliards d’euros par an" voire plus, précise l’I4CE, pour atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050 visé par la France. En parallèle, les investissements dans "les énergies fossiles défavorables au climat" - à hauteur de 70 milliards d’euros - sont bien trop élevés.

C’est ce que dénonçait également Oxfam, dans un rapport publié samedi 24 novembre intitulé "Banques françaises, les fossiles raflent la mise". L’ONG a étudié les financements et investissements des six plus grandes banques françaises et relevé que "sur 10 euros de financements accordés par les banques aux énergies, 7 euros vont aux énergies fossiles, contre 2 euros seulement aux renouvelables". Elle appelle ainsi les banques à jouer "leur rôle dans la transition énergétique".

La transition dans le monde de la finance – encore bien trop timide – doit donc d’urgence s’accélérer si l’on souhaite respecter les objectifs de l’accord de Paris, et limiter ainsi les effets du réchauffement climatique.