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"Gilets jaunes": les banques françaises s'engagent à limiter les frais pour les particuliers

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Réunis à l'Elysée par Emmanuel Macron pour apporter leur réponse à la crise des "gilets jaunes", les patrons des plus grandes banques françaises se sont engagés mardi à geler les frais bancaires en 2019 et à plafonner ceux liés aux incidents bancaires, un geste qui pourrait permettre un gain de 500 à 600 millions de pouvoir d'achat.

L'ensemble des banques françaises ont promis de plafonner les frais d'incidents bancaires à 25 euros mensuels pour "les populations les plus fragiles", soit "3,6 millions de personnes", selon une estimation de la Banque de France citée dans le communiqué d'annonce de la présidence. Les deux mesures devraient représenter jusqu'à "500 à 600 millions de pouvoir d'achat" en plus pour les particuliers, selon la Banque de France.

Un communiqué publié par la Fédération bancaire française a toutefois nuancé les annonces de l'Elysée, la FBF assurant que le "niveau global de plafonnement (des frais d'incident bancaire) serait fixé librement par chaque banque, en fonction notamment de ses propres coûts".

Début septembre, le secteur bancaire français s'était déjà solennellement engagé auprès du gouvernement français à plafonner - sur la base du volontariat - les frais d'incident bancaire à un maximum de 20 euros par mois et 200 euros par an pour les clients bénéficiant de l'offre spécifique dédiée aux publics fragiles. La FBF spécifie d'ailleurs dans son communiqué de la limitation par le haut des frais d'incident bancaire vient "en complément" de mesures précédentes, dont notamment l'engagement pris en septembre.

D'après l'Elysée, le public visé par le plafonnement des frais d'incident bancaire correspond à une "catégorie de personnes qui existe déjà dans la réglementation", caractérisée par deux critères, à savoir la régularité des incidents bancaires et le montant des revenus. La présidence a précisé que le gel des frais bancaires n'était valable que pour l'année 2019 à ce stade, tandis que le plafonnement des frais d'incident bancaire se voulait "pérenne".

Accompagnement

Le président Emmanuel Macron a en outre demandé aux banques d'accompagner les "artisans, commerçants et petites entreprises les plus durement touchés par la crise actuelle", selon le communiqué de l'Elysée. Message reçu par la Fédération bancaire française, qui a souligné dans son communiqué que "les banques (...) s'étaient engagées à accompagner activement, au cas par cas, les entreprises, notamment les petits commerçants, artisans, touchés par les manifestations de ces dernières semaines.

Emmanuel Macron a par ailleurs incité les patrons rassemblés à l'Elysée à participer aux concertations qui seront organisées à partir du 15 décembre, afin de pouvoir proposer "d'ici le début du mois de mars" des mesures facilitant l'accès au crédit pour les particuliers désireux de réaliser des investissements liés à la transition écologique, comme l'achat d'une voiture moins polluante. Les institutions financières ont enfin été encouragées à prendre en compte "les situations complexes liées aux accidents de la vie pour les personnes qui travaillent", selon le communiqué de la présidence.

De son côté, la Banque de France a "demandé au médiateur du crédit de se mobiliser pour répondre en urgence aux demandes des entreprises, notamment au travers du dispositif des correspondants Très petites entreprises (TPE)". La Banque de France a nommé 96 correspondants TPE ayant pour mission d'accompagner ces entreprises dans leur développement, d'analyser leurs besoins et de les orienter vers les organismes compétents.

Les patrons réunis à l'Elysée autour du président, du Premier ministre Edouard Philippe et du ministre de l'Economie Bruno Le Maire n'ont pas souhaité faire de commentaires à la sortie de la réunion de mardi, qui a duré environ une heure. L'Elysée a toutefois précisé que plusieurs d'entre eux "réfléchissaient très sérieusement" à accorder une prime exceptionnelle à leurs salariés, conformément à la demande formulée lundi soir par Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée.

Mardi soir, le pas avait déjà été franchi par Orange, Publicis, Altice, Iliad et LVMH.

Avec AFP.