Fêtes de Noël ou anniversaires, le plaisir d’offrir des cadeaux à ses proches rime aussi avec "déchets". L’accusé est l’emballage en papier, celui que l’on choisit avec goût et confectionne avec soin. Selon l’ADEME, en limitant ses emballages au quotidien, nous pourrions réduire nos déchets de 26 kilos par an. Et cela passe aussi par les emballages en papier des cadeaux que l’on offre toute l’année.
La toute jeune marque éco-responsable “Et puis Colette”, née de l’association d’une blogueuse zéro déchet et d’une couturière, a trouvé la parade. Elle propose des emballages cadeaux en tissu de seconde main, un brin rétros et ultra-tendances. ID a discuté avec ses deux fondatrices, Camille et Manon.
Si les deux jeunes femmes ont choisi de s’attaquer à ce marché plutôt niché, c’est bien parce que la demande est grande tandis que l’offre reste moindre. "Il existe les furoshikis (ndlr : une technique traditionnelle de pliage japonais notamment utilisée pour les emballages cadeaux), mais c’est plus petit et c’est un style très minimaliste et japonisant. C’est assez éloigné de ce que l’on fait", détaille Camille, la "commerciale" du duo.
La marque, née au mois de janvier, a déjà un ADN bien rodé : "On essaie de remettre le vintage au goût du jour en utilisant des tissus connotés 'vieillots' avec des grosses fleurs, des motifs, toujours dans un esprit un peu champêtre. Notre ADN, c’est aussi l’association de deux tissus, l’un uni et l’autre imprimé, ce qui donne la double face à l’emballage", expliquent les jeunes femmes, rétro jusque dans le nom : "on a choisi Colette parce que c’est un peu l’un de ces vieux prénoms un peu ringards qui reviennent à la mode. L’idée était aussi de personnifier la marque, on a créé un personnage, on s’appelle Colette entre nous !".
La deuxième vie des taies d'oreillers
Mais à quoi ressemblent les carrés Et puis Colette ? Manon, la couturière du duo, nous parle technique en détaillant ses créations de pièces uniques. "Je découpe deux carrés de même taille dans chaque tissu, puis je plie un angle sur chacun d’eux que je vais coudre à l’inverse." Camille, qui pose sur la page Instagram avec ces carrés détournés en guise de coiffe, simplifie : "tous les carrés ont donc une face unie et une face à motifs avec de chaque côté, un triangle inversé. Il y a aussi toujours une couture de couleur". "Nous n’avons pas d’étiquette, donc c’est ce triangle inversé que l’on dépose comme marque de fabrique", ajoute Manon.
Pour trouver de la matière de seconde main adaptée au style de la marque, il faut du temps aux deux créatrices, qui chinent sans cesse et trouvent souvent leur bonheur dans de vieux draps, des taies d’oreillers ou encore des rideaux. "On nous demande souvent pourquoi nos carrés sont à ces prix-là étant donné qu’il n’y a aucune matière première : c’est surtout que ça nous coûte beaucoup en termes de temps et d’essence", argumentent les deux associées dans un rire : "ce n’est pas tant le tissu en lui-même qui coûte cher que le temps que l’on a passé à le chiner et les trajets que l’on a fait", résume Camille.
Qui sont les “mamans” Et puis Colette ?
Si la marque est toute jeune, elle est pourtant l’œuvre de deux vielles connaissances. Camille comme Manon aiment à définir leur association comme une "re-rencontre" : “on était au collège ensemble, on prenait le bus ensemble ! Manon suivait de loin les aventures de Camille, blogueuse et Instagrameuse à ses heures, avant de reprendre contact avec celle qu'elle avait perdue de vue. La jeune couturière fait part de ses envies de création d'une marque éco-responsable à Camille, déjà bien chevronnée dans un monde zéro déchet. Au fil d’une discussion, le projet "Et puis Colette" naît.
Et le duo semble être gagnant puisque chacune a un rôle bien défini : "Manon a le côté création, alors que moi j’ai le côté marketing, communication, donc nous avons la bonne alliance", argumente Camille. Aujourd'hui, à tout juste quatre mois d’existence, les deux femmes regardent toujours dans la même direction avec l’ambition de faire vivre Et puis Colette de manière pérenne. Elles rêvent à de nouvelles idées : des étiquettes, un corner "sur-mesure", des ventes en lot... "Notre but c’est vraiment de devenir une référence de ce marché. On aimerait en faire notre métier à plein temps, même si pour l’instant l’argent qu’on gagne, on le réinvestit aussitôt", concluent les deux amies dans un éclat de rire.
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Au sommaire : tout pour comprendre ce que contiennent réellement nos poubelles et comment les réduire.
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