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SoliMobi, l'application qui connecte les piétons

©Christian Mueller/Shutterstock

Lancée en décembre dernier, l'application SoliMobi ambitionne de développer le copiétonage en France. Le concept : partager les trajets en toute sécurité, créer du lien social et encourager l'écomobilité.

Comment concilier mobilité et solidarité ? C'est la question à laquelle a voulu répondre Héloïse Poëy-Noguez, fondatrice et présidente de SoliMobi, une application web qui met en relation des citoyens qui partagent leurs trajets à pieds, à trottinette, à vélo et en transports en commun.

Comment est né le concept SoliMobi ?

L’idée est née suite à un fait divers dans la presse relatant qu’une femme s’était fait agresser dans les transports. Suite à cet évènement, nous avons vraiment ressenti un sentiment de lassitude et nous sommes dits qu’il y avait peut-être quelque chose à créer entre les particuliers. On partageait déjà des chambres d’hôtes, des repas, alors pourquoi pas un trajet ? Dans les transports ou dans l’espace public, le concept peut permettre de dissuader les auteurs d’agressions, de rassurer les piétons, de créer du lien social mais aussi d'encourager l’écomobilité.

Donc le projet nait vraiment d'un constat ?

Initialement, la genèse du projet n’est pas forcément tournée sur une communication positive ou la convivialité mais part plutôt d'un contexte. En 2015, le Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes a publié un rapport sur le harcèlement dans les transports. Avec un chiffre assez significatif : 100 % des femmes déclaraient s’être fait agresser au moins une fois dans sa vie, qu’il s’agisse d’agressions physiques ou verbales. Donc il y a un sentiment d’insécurité qui est palpable et nous avons pensé qu’il y avait quelque chose à faire sur la question de la sécurisation des trajets. Nous sommes naturellement plus forts groupés, moins vulnérables que quand nous nous déplaçons seul et c’est sur ce constat qu'est venue l’idée de monter le projet. Nous l'avons aussi ensuite orienté, parce qu'il y a là aussi un besoin, sur les notions d'écomobilité, de lien social, et d’échanges entre les citoyens.

Concrètement, comment l'application fonctionne-t-elle ?

Il s'agit en fait du même principe que Blablacar, qui propose du covoiturage. Sauf que dans ce cas, on peut parler de copiétonnage. Il y a deux profils de personnes qui s’inscrivent, des particuliers et des salariés. Après avoir fourni des informations de base, il suffit alors de renseigner son adresse de départ et celle d’arrivée et d'indiquer le mode de déplacement préférentiel. Il est aussi possible de personnaliser la demande selon le profil des participants – genre, tranche d’âge, centres d’intérêt- pour faciliter les échanges. Les solimobeurs sont alors automatiquement mis en relation avec les personnes qui acceptent de partager un trajet. Tout passe par l'application web, donc il suffit d’avoir une connexion internet pour se lancer.

A quelle étape en est le projet ?

La plateforme a été lancée fin-décembre et il y a déjà une centaine d'inscriptions. Nous avons des partenariats en cours de négociation avec la ville de Paris, Ile de France Mobilité, la SNCF, le Conseil régional d'Ile-de-France... Donc beaucoup de réseaux d’acteurs différents prêts à relayer le service car il est solidaire, convivial et gratuit, puisque financé par les grandes entreprises.

Justement, quel est le modèle économique ?

Le service est proposé aux entreprises, qui ensuite l’offrent à leurs salariés. C’est ce qui permet de proposer gratuitement SoliMobi aux utilisateurs finaux qui sont les particuliers et les salariés. Ce sont les grandes entreprises qui sont actives sur les concepts d'écomobilité, de convivialité ou encore de politique RSE qui se mobilisent pour une société plus écologique et sociale.

Quels sont vos prochains objectifs ?

Il s'agit maintenant de gagner en visibilité et de développer les réseaux, notamment en ciblant en priorité les quartiers d’affaires.

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter. Pour écouter la chronique Social Lab (Des applications pour copiétonner ou même cotrottiner !), cliquez ici.