Environnement

La crèche utilise des couches lavables : 1,6 tonne de déchets évités chaque année !

Les enfants accueillis à la Souris Verte se promènent en couches lavables.
©La Souris Verte

L'expérimentation de couches lavables menée par la Souris Verte, une micro-crèche du Doubs, est un succès. En plus d'éviter la production d'1,6 tonne de déchets par an, elle contribue à pérenniser l'emploi de personnes en réinsertion.

Il n'est pas de débat aussi recyclable que celui du match entre couches lavables et jetables. Et si les couches de nos bambins font couler autant d'encre, c'est que l'enjeu est de taille : de la naissance à 2 ans et demi (acquisition de la propreté), un enfant utilise en moyenne 3800 couches jetables et produit environ 1 tonne de déchets. Sachant qu'un enfant n'utilisera qu'une trentaine de couches lavables nettoyée chacune en moyenne 137 fois, on se dit que ces dernières ont gagné le match haut la main. « Pas si simple », nous dit l'ADEME, « les couches lavables présentent d'autres impacts sur l'environnement, notamment liés à la consommation d'eau et d'énergie engendrée ». 

Une expérience menée dans un contexte incitatif

C'est dans ce contexte que la Mairie de Quingey, « engagée dans un plan de transition écologique » a « répondu à l'appel à projet du SYBERT (syndicat mixte de Besançon et sa région pour le traitement des déchets), pour expérimenter l'utilisation de couches lavables dans sa micro-crèche, La Souris Verte ». « Chaque année, plus de 3,2 milliards de couches jetables sont utilisées, ce qui génère plus d'1 million de tonnes de déchets en France », avance la direction du Sybert. « Le passage aux couches lavables constitue un réel enjeu en termes environnementaux du fait de la réduction des déchets produits, mais aussi pour des raisons économiques, liées au coûts de collecte et de traitement des déchets, en particulier sur la région, où une facturation au poids a été mise en place ».

Une tonne : c'est le poids de déchets générés par les couches jetables d'un enfant de sa naissance au moment où il devient propre."

Les couches en coton bio sont fabriquées par un atelier d'insertion 

« Après plusieurs réunions d'information à destination des élus, de l'équipe de la Souris Verte et des parents, une première phase de test s'est déroulée pendant 5 mois sur un panel de 4 enfants, âgés de 8, 12, 14 et 24 mois ». « Nous avons testé différents modèles », explique Nadine Sevy, la directrice de la crèche « et en avons retenu un fabriqué localement par l’atelier d'insertion de la Blanchisserie du Refuge de Besançon. La couche est en coton bio et à pressions pour plus de praticité et la culotte à scratchs avec une face externe en tissu et une face interne imperméable en polyuréthane. » Le lavage est effectué par une autre association de réinsertion locale, « TRI », basée sur la même commune que la crèche. Elle relève les couches sales deux fois par semaine et pour réduire l'impact environnemental, « les couches sont lavées à 60° et les culottes à 40°, puis mises à sécher à l'air libre, avant d'être ramenées à la crèche ».

Près d'1,6 tonnes de déchets en moins chaque année

« Tout au long de la phase de test, les déchets produits ont été pesés », explique la direction du Sybert. « En la comparant avec la pesée de référence réalisée en amont, la quantité de déchets évités a été estimée à 1,6 tonne par an ». Forte de ce succès, la commune de Quingey a validé l'utilisation permanente de couches lavables à la micro-crèche, aujourd'hui équipée d'un stock de 108 couches dans 3 tailles différentes pour les 9 enfants accueillis. Au total, l'opération a coûté 3700 € (réaménagement du plan de change, mise en place de contenants...) et 5800 € pour l'achat des couches. Un coût supporté au tiers par la commune, le Sybert et l'Ademe. « En termes financiers, l’achat des couches est rentabilisé en 3 ans, ensuite le delta entre l’économie réalisée sur la facture de collecte des déchets et le coût du lavage équivaut à environ 100 euros par mois », explique Sarah Faivre, Maire de Quingey. « Un prix tout à fait raisonnable, au vu de la baisse des déchets produits et du travail fourni aux associations locales ».

Un kit de couches lavables proposé aux parents

« Nous sommes très contents de ce passage aux couches lavables, même si celles-ci nécessitent un change environ toutes les deux heures contre 3 ou 4 pour le jetable, c'est beaucoup mieux pour la peau des enfants de ne pas être en contact avec les produits chimiques des couches jetables et puis on participe à la préservation de l'environnement et au développement économique local », se réjouit la directrice. « Bien sûr, cela a nécessité beaucoup de communication auprès des parents, mais la majorité a rapidement adhéré au projet. » Et pour les parents qui souhaitent importer le concept chez eux, le Sybert propose un kit d'essai de 16 modèles à tester pendant un mois, accompagné d'une formation sur leur utilisation et les bonnes pratiques à adopter pour le lavage (produits écologiques, lavage à basse température...) et le séchage (à l'air libre). Côté collectivités, l'expérience a été étendue, avec l’ouverture, à Besançon, d'une troisième crèche sur ce modèle, en janvier 2018.