Humeur

Le panda, symbole déconfit de la protection de la nature

Le panda au coeur d'un business international
©Karel Cerny/Shutterstock

Chaque semaine, Allain Bougrain-Dubourg nous livre un avis sans concession, avec toujours la même bienveillance pour nos amis les animaux.

L'échec est patent. Malgré les appels à la raison, le panda n'a pas réussi à enrayer le déclin de la biodiversité. Mais ce symbole déconfit de la protection de la nature pourrait bien triompher dans le business international.

L'affaire n'est pas nouvelle. L'échange de bêtes fauves faisait déjà recette durant la grande époque du Proche Orient. Plus près de nous, on n'a pas oublié la fameuse girafe offerte à la France (après tirage au sort avec l'Angleterre) par le pacha d'Egypte, en 1827. Mais de toute la ménagerie diplomatique, le panda a incontestablement traversé l'histoire en incarnant le mieux les stratégies politiques puis économiques.

Une démarche ancestrale

La démarche remonte aux plus anciennes dynasties. Tandis que le XXème siècle pose les bases de l’impérial cadeau, il faut faire allégeance. En 1972, Mao Zedong remercie Richard Nixon de sa visite en lui offrant un couple de pandas. Même reconnaissance à l'égard de la France, un an plus tard. Mais les temps sont durs et après avoir offert une trentaine de pandas, entre 1941 et 1979, la Chine décide de les louer. Il convient désormais de débourser près de 850 000 euros par an pour avoir le privilège d'exhiber les célèbres ursidés noir et blanc, durant 10 à 15 ans. Cette somme considérable n’effraye pas les terres d'accueil.

Un business international

En 2012, le Japon se flatte d'engranger plus de 216 millions d'euros après la naissance d'un bébé panda, tandis que les bénéfices annuels flirtent avec les 162 millions d'euros. Du côté de Beauval, en France, on semble ne pas se plaindre de l'investissement pourtant pesant. Reste à savoir quel usage les chinois font de ces bénéfices colossaux. Ils seraient investis dans la sauvegarde de l'espèce, dont la population fut quasiment divisée par deux durant les années 70, laissant quelque 1 114 survivants. La création de réserves a permis d'ajouter 750 individus à la population initiale.

Mais on en vient à penser qu'un peu moins de pandas et un peu plus d’initiatives contre le trafic de l'ivoire, de cornes de rhinocéros et autres victimes de la pharmacopée ne feraient pas de mal à la biodiversité. Je n'ai pas trouvé de proverbe chinois prouvant la pertinence de cette idée, c'est mauvais signe !

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