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Ukraine : inauguration d'une centrale solaire sur le site de Tchernobyl

©In Green/Shutterstock

L’Ukraine entend donner un second souffle au site de Tchernobyl. Au cœur de la zone irradiée, une centrale solaire voit le jour.

Trente ans après la plus grosse catastrophe nucléaire de l’Histoire, à Tchernobyl, on tourne la page. Au mois d’avril de l’année 1986, le réacteur de la centrale ukrainienne fait voler en éclats l’ensemble de l’édifice. Une explosion atomique sans précédent qui banni toute habitation dans la zone accidentée pour les 24 000 prochaines années. Mais aujourd’hui, l’exploitation industrielle de celle-ci est à nouveau envisageable. L’installation d’une centrale solaire pourra alimenter 2 000 foyers en électricité.

Un million d’euros dépensés, 3 800 panneaux photovoltaïques, 1,6 hectares de terrain, l’inauguration des installations devrait avoir lieu dans les semaines à venir.

Un nouveau dôme recouvre désormais le « sarcophage » en acier qui abritait de manière assez instable les restes du réacteur accidenté. Une installation qui aurait permis de diviser par 10 le taux de radioactivité de la zone en une année seulement.

Une zone encore à risques

Sur le théâtre du drame, il est impossible de forer ou creuser le sol, au risque de laisser s’échapper des poussières radioactives. Les panneaux solaires ont donc été fixés sur des socles en béton posés au sol. Les ouvriers, quant à eux, ont été équipés de compteurs surveillant le niveau de radiation.

La société Solar Chernobyl espère rentabiliser son investissement d’ici sept ans, tout en développant la capacité de la centrale jusqu’à 100 mégawatts (actuellement, elle s’élève à un seul mégawatt). D’après Evguen Variaguine, directeur de la société, le niveau d’ensoleillement de la zone est comparable au « sud de l’Allemagne ».

Suite aux tensions avec Moscou, l’Ukraine cherche à développer sa propre production d’énergie, affaiblie par l’arrêt brutal des fournitures de gaz russe. Mais il est aussi question de redonner vie à la zone sinistrée de Tchernobyl, qui s’étend à un rayon de 30 kilomètres autour de l’ancienne centrale nucléaire. En 2016, un projet semblable a vu le jour dans la zone irradiée voisine en Biélorussie, avec la construction d’une centrale solaire de quatre mégawatts.