Education/Citoyenneté

Monnaies locales citoyennes : la promesse d'une autre économie ?

Eusko, Muse, Eco... quelques monnaies locales en circulation en France.
©Philippe TURPIN/AFP

Depuis plusieurs années, les monnaies locales complémentaires se multiplient en France, avec l'idée de développer une économie solidaire et citoyenne à l'échelle des territoires.

Dynamiser l'économie locale et favoriser la croissance d'activités durables et solidaires. C'est avec cette ambition que se développent, depuis 2010, des monnaies locales complémentaires (MLC) aux quatre coins de l'Hexagone. Un engouement qui devrait perdurer en 2018 avec, dans les prochaines semaines, la naissance de deux nouvelles devises : le « Soudaqui », qui verra le jour dans les Pyrénées-Orientales le 26 janvier, et une autre MLC -au nom encore indéterminé-, qui sera diffusée au printemps dans toute la région Normandie. Signe de la vigueur des initiatives citoyennes à l'échelle des collectivités, mais aussi d'une volonté de raccrocher l'économie au réel.

Fonctionnement

En pratique, ces MLC fonctionnent comme une monnaie classique, et leur valeur est généralement directement fixée sur celle de l'euro. Néanmoins, leur utilisation est strictement limitée à une certaine zone géographique, tandis qu'il est impossible de les déposer sur un compte en banque. L'idée ? Que ces monnaies, que l'on retrouve majoritairement sous formes de billets et de coupons, soient directement réinjectées dans les économies locales. Et qu'elle participent ainsi à l'élaboration de véritables économies circulaires, basées sur des circuits courts et solidaires. Ainsi, une fois en possession d'une monnaie locale, un particulier va alors pouvoir payer ses biens chez les commerçants qui acceptent la devise et qui pourront à leur tour l'échanger avec leurs fournisseurs, sous-traitants ou autres acteurs locaux.

Estimées à près d'une cinquantaine en France, les MLC sont généralement portées par des associations et bénéficient chacune de leur propre charte, mais s'inscrivent toutes dans un cadre fixé depuis trois ans par la loi sur l’économie sociale et solidaire du 31 juillet 2014, qui les reconnait comme des compléments à la monnaie nationale.

Des initiatives partout en France

Impulsé par la crise économique de 2008, le mouvement a accouché, depuis 2010 et le lancement de la première monnaie locale -l'Abeille, à Villeneuve sur Lot-, de nombreux projets à travers la France, dont certains ont connu de beaux succès. C'est le cas par exemple de l'Eusko, dans le Pays basque, lancé en 2013 et qui revendique aujourd'hui près de 3000 utilisateurs particuliers, et 650 professionnels. Si bien que l'association a mis en place, depuis peu, des cartes de paiement destinées aux transactions.

Aujourd'hui, il est possible de retrouver de tels dispositifs dans la plupart des régions françaises et le réseau des monnaies locales complémentaires citoyennes propose d'ailleurs sur son site une carte interactive, permettant aux plus intéressés de trouver la devise en cours auprès de chez eux. Pour adhérer, il suffira alors de se rendre sur les sites propres à chaque monnaie, qui recensent par ailleurs les différents professionnels chez qui la MLC est acceptée.