Dossier

Jeannie Longo, adepte du bio de proximité

©Matthieu Riegler/Wikimedia Commons

Coureuse cycliste qu’on ne présente plus, forte de plus de 1000 victoires dont un titre olympique, 13 titres de championne du monde et 59 titres nationaux, Jeannie Longo conjugue alimentation bio et proximité depuis les années 1980. La sportive de 59 ans, établie en région grenobloise, s’est entretenue sur ce choix avec ID.

Jeannie Longo, ancienne coureuse cycliste, nous explique son comment elle est venue à l’alimentation bio.

Comment vous êtes-vous intéressée aux produits bio ?

À la base j’avais une mère qui faisait les marchés et qui cuisinait tout le temps, on a toujours mangé très sainement, on ne consommait pas de produits transformés et c’est déjà une façon d’aborder l’alimentation. Puis avec ma carrière, je me suis penchée sur la nutrition parce que je me suis dit que c’était le carburant de l’organisme. Je suis allée très souvent aux États-Unis dans les années 1980, j’allais m’entraîner au Colorado : c’est là-bas que j’ai découvert les supermarchés bio.

Mangez-vous majoritairement bio depuis ? Pourquoi avoir adopté cette alimentation ?

Je dirais que je mange à 99 % du bio. Je m’y suis mise pour le bien-être animal et parce que j’ai une peur bleue de la chimie qui nous envahit de partout. C’est aussi par rapport à la mondialisation : j’ai toujours fait les marchés avec ma grand-mère sur Annecy,  elle cultivait son jardin et je ramassais les framboises, les groseilles, on faisait le sirop, j’ai toujours été très proche d’une alimentation de proximité.

Consommer bio, est-ce un conseil que l’on donne aux sportifs de haut niveau ? Avez-vous l’impression que cela a contribué à votre carrière ?

On ne me l’a pas particulièrement conseillé mais je sais que les sportifs commencent à faire attention à leur nutrition et ce n’est pas si vieux que ça. Dans la nourriture bio il y a forcément plus de vitamines : quand je suis à l’extérieur et que je me retrouve dans un endroit où on me propose des produits de très moyenne qualité, je n’ai même pas envie de manger, j’ai l’impression de consommer des calories vides. Mon hygiène de vie a participé à mes victoires et à ma longévité et ce n’est pas une impression, c’est sûr.

Le bio de proximité, est-ce un choix facile à entretenir au quotidien ?

J’ai la chance de vivre en périphérie d’une très grande ville, on a pratiquement un marché bio par jour. J’essaie d’aller aux marchés les plus proches. C’est une organisation, c’est sûr. Les légumes, c’est beaucoup de travail, il y a une question de stockage, il faut les nettoyer, les éplucher, les faire cuire, mais c’est une habitude à prendre.

Le bio fait de plus en plus d’adeptes mais il compte aussi des sceptiques craignant l’avènement d’un bio à rabais : qu’en dites-vous ?

À chaque fois qu’il y des scandales [ndlr : alimentaires], les gens sont sensibilisés, espérons que ça dure. Je n’arrête pas de répéter : « Ne mangez plus de non bio, ce n’est pas possible ! » Ou si chez votre voisin vous voyez les poules en champ qui grattent toute la journée alors allez-y, même si ce n’est pas bio. Je ne mange plus un sandwich à l’extérieur si je sais que le jambon n’est pas bio parce que je refuse les conditions animales : on mange « de la merde », comme dirait Jean-Pierre Coffe ! Le problème c’est le nivellement par le bas, on doit s’en méfier et c’est pour ça que je dis : « Venez à proximité ! » Je connais énormément de producteurs qui sont bio depuis des décennies et c’est par conviction.

Devrait-on encourager davantage la consommation de bio chez les sportifs et en général, d’après votre expérience ?

Il faudrait prôner davantage le bio pour les sportifs oui. Mais aussi pour les écoliers ! En Isère on a un département assez bien pour ça, je crois qu’il y a beaucoup de cantines scolaires qui se sont mises au bio avec des producteurs de proximité : apprendre aux gamins à manger des fruits et des légumes, c’est une base alimentaire.

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